Le sanctuaire marial brésilien (Lourdes local) est à Aparecida (état de San Paulo). C’est là qu’a été découverte une statue en deux morceaux de la Ste Vierge, dans une rivière. Depuis la dévotion à Notre Dame d’Aparecida s’est tellement développée que son sanctuaire est devenu le lieu du pays le plus visité par les brésiliens. Nous fêterons, en 2017, les 300 ans de découverte de la statue de la Sainte Vierge. A cette occasion, des copies de la statue ont commencé une visite dans tous les diocèses du Brésil. Dom Dominique, notre évêque, a confié à notre paroisse, la mission de se rendre sur place pour recevoir cette Vierge pèlerine et la ramener sur notre diocèse… ce que je vais maintenant vous raconter !

 

Mercredi 13h : embarquement dans le bus. C’est un bus tout confort de deux étages. Nous sommes 50 dedans : une écrasante majorité de femmes… et de personnes âgées ! Mais pas que. Je m’installe au rez-de-chaussée. Il n’y a là que 8 places (c’est plus calme) et il y a surtout une banquette qui sert pour jouer aux cartes et discuter mais qui va surtout servir de lit pour le père ! Départ a peu près à l’heure… et c’est parti. Bon, rien de tellement passionnant si ce n’est que c’est long. On regarde un film, on prie le chapelet, on dort, on fait une pause pipi et goûter ou dîner puis on repart. Les sièges ont beau s’incliner, quand on a des grandes jambes (merci les parents) on n’est vraiment pas bien installé ! En deuxième partie de nuit, je m’installe sur la banquette. C’est plus dangereux (pas de ceinture de sécurité) mais au moins je peux dormir un peu. Heureusement que Cristiane m’a forcé à prendre une couverture : ça caille dans un bus.

Jeudi : Etape ce matin à Trindade, où se trouve un grand sanctuaire dédié au « Divino Pai eterno ». Ne me demandez pas de vous expliquer, je n’ai pas compris cette dévotion brésilienne type « quaternité » : La trinité + la Ste Vierge. Nous célébrons la messe entre nous, prenons un petit-déj, prions, visitons, faisons des courses, des photos, déjeunons puis reprenons la route. Même programme toute l’après-midi avec une douche (s’il vous plait) à la pause du soir (il faut mettre le jeton dans la fente ensuite 6 minutes d’eau chaude… 3 sont suffisantes.) Ca fait du bien.

Vendredi : Nuit un peu meilleure. A midi nous gagnons notre deuxième étape : Valença qui est le centre du diocèse du Padre Paulo. Il est parti dés lundi et nous attend de pied ferme. Nous sommes reçus royalement au centre paroissial qui est nettement plus confortable que le nôtre. Après un petit bout de sieste, le Père Paulo nous emmène visiter une ancienne fazenda de café (qui faisait la richesse de la région). Une très belle maison avec un jardin magnifique qui a compté jusqu’à 700 esclaves. Il reste tous les meubles et une communauté de 4 moines qui gardent les lieux. Visite intéressante. Après une douche rapide nous nous rendons à la cathédrale (baroque mais plus petite que la nôtre) où nous célébrons la messe avec l’évêque. Belle célébration (et chaude) avec pas mal de monde venu saluer le P Paulo (il a été vicaire dans une paroisse de cette ville). Accueil de l’évêque courtois mais sans plus ! Dîner et fête organisée par les paroissiens en notre honneur. J’apprends les attentats de Paris : pas tellement le cœur à la fête même si il faut bien.

Samedi : Nous partons à 7h mais faisons assez rapidement une pause chez un fleuriste sur le bord de la route, que j’avais repéré à l’aller. J’achète 4 magnifiques bougainvilliers pour la place de la cathédrale. Je suis très content de mon achat… La seule chose c’est que tous les pèlerins en profitent pour acheter des fleurs… faisant du bus une véritable serre ! Nous reprenons enfin la route direction cette fois-ci l’objectif principal : Aparecida ! Comme tout au Brésil, c’est disproportionné : une basilique énorme (mais assez belle), une télé et une radio, un parking énorme et des milliers de magasins et de restos (jusque dans la crypte même de la basilique). Après l’installation dans l’hôtel tout près du sanctuaire, nous allons Paulo et moi vérifier que la messe de remise de la Vierge pèlerine est bien prévue lundi et prendre contact avec le Père Rédemptoriste qui doit nous accompagner. Nous allons aussi faire des repérages de courses pour la paroisse. A 18h, j’emmène un groupe de sainte femme (dont la moitié en béquille ou boitant) attaquer la grande montée jusqu’à la 1ère basilique (bien jolie mais bien petite). Nous y arrivons en 45 minutes, me laissant juste le temps de me présenter à la sacristie. Messe bien animée avec un vieux rédemptoriste qui avait la pêche et un jeune prêtre chanteur et fameux semble-t-il (mais je ne le connais pas… la honte !). Il y a tant de monde que les gens restent debout dans la chaleur : impressionnant !

Dimanche : Il fait aussi chaud à Aparecida que à Conceição… Ca valait le coup de faire 2200 kms… Après le petit-déj, j’emmène un groupe de pèlerins faire ce que je croyais être un chemin de croix mais qui est en fait un chemin de Bethléem. Qu’importe, ils ont beaucoup aimé. Je les emmène ensuite se confesser et j’en profite pour moi aussi ! Le défi a été ensuite de trouver un lieu calme pour prier tout seul. J’y arrive presque mais respecter le silence n’est vraiment pas la qualité principale des brésiliens. Il faut dire qu’il y a tellement de monde ! Retour à l’hôtel pour déjeuner. A 13h, nous prenons le bus pour nous rendre dans un autre sanctuaire dédié au « Père des miséricordes » et tenu par la communauté charismatique « Canção Nova ». Nous y arrivons pour la messe célébrée par un vieil évêque qui a fort bien prêché et filmé puisque cette communauté à sa propre chaîne de télé. Cela m’a permis de savoir (merci watsapp) qui sont les paroissiens de Conceição qui regardent la télé le dimanche après-midi. Courses, goûter puis retour à Aparecida où j’arrive, en courant, à faire les courses que je voulais faire pour la paroisse.

Lundi : Levé tôt puisqu’il faut déposer les bagages dans le bus avant de monter à la basilique pour la messe de remise de la statue de la Ste Vierge. Tout le monde est excité si bien que dès 8h, tous sont dans la basilique. Nous prenons une série de photos puis nous nous préparons pour la messe. Dans la sacristie il y a pas mal de prêtre dont le Padre Luiz (45 ans) qui nous accompagnera à Conceição avec la statue. A 9h pile la messe commence. Elle est filmée aussi et suivie (vous vous en doutez) par tous les paroissiens. Paulo lit l’évangile et je reçois la statue à la fin de la messe, le temps de la bénédiction des fidèles présents et de ceux de Conceição réunis au premier rang. La statue n’est pas très grande ni lourde mais la tenir à bout de bras 15 minutes est un vrai effort (même pour un pro du fitness comme moi). Nous signons les papiers officiels, mettons la statue dans sa valise, prenons les bagages du père puis mettons tout ce beau monde dans le bus. Il y a une place pour le Père et une pour la Sainte Vierge. Le départ s’étire car bien sûr il y a toujours des retardataires pour faire les dernières courses… épuisant ces pèlerins. Comme il n’y a plus de place pour moi dans la bus, je les laisse partir puis prend mon propre bus pour Saint Paulo (4 heures de voyage) puis décolle pour Belo Horizonte puis Palmas où les filles de Fidesco m’attendent. Retour à Conceição le matin suivant pour moi et le soir tard pour le bus avec la Ste Vierge.