La maison paroissiale étant située à 50 mètres de la cathédrale et tout contre le secrétariat paroissial, l’expérience montre qu’il faut mieux fuir le lundi que de penser pouvoir rester tranquille à la maison pour se reposer… Il y a sans cesse de gens pour vous demander quelque chose (à commencer par la secrétaire qui sait pourtant bien que c’est jour de repos)… Résultat, quand je peux, je fuis. En général ma fuite est compliquée par le fait qu’il y a messe à 19h00 le dimanche soir : fuir à 20h30 après une journée de messe et au bout d’une semaine fatigante, limite les distances de fuite…

Je commence à mettre en place deux destinations de fuite :

-       La chacara d’Yvonne. C’est une paroissienne qui a une ferme (chacara) à 45 minutes de piste (la piste vient d’être refaite, on peut y aller avec la petite voiture). C’est une jolie maison en surplomb d’une petite pièce d’eau avec des tortues et avec une jolie vue. Il y a surtout une piscine sur la terrasse. J’arrive, là, pour dormir. En général, je dors bien car il n’y a de bruit que les grenouilles la nuit et les oiseaux le matin. La journée consiste à ne rien faire : prier, lire, nager, manger, dormir… et recommencer. Il y a, là, les gardiens pour me préparer à manger. Je reprends la route à la tombée de la nuit pour célébrer la messe à 19H00 à la cathédrale. Ca vaut vraiment le coup.

-       La Fazenda da Esperança. C’est un centre de réinsertion de drogués à une bonne heure de route. Ils ont une chambre pour moi et sont heureux de me recevoir car je peux leur célébrer la messe le lundi matin. Là aussi c’est bien calme et c’est sympa de voir ces jeunes et de leur être un peu utile. Après le déjeuner, je pars pour Rio Maria (3/4 d’heure de route plus au nord) la paroisse du Padre Pedro (un jeune prêtre) avec qui nous allons au cinéma (dans la ville d’après encore à 20 minutes) qui est la seule ville avec un ciné dans le sud du Para. Je dors chez lui et reprends la route le mardi matin pour être revenu pour le déjeuner à Conceiçao.

Quand il y a possibilité de partir le dimanche midi, ça vaut le coup d’aller à Palmas (3h30 de route) qui est la grande ville du coin. Je loge là dans la maison de discernement du diocèse de Palmas. Bon accueil de cette bande de jeunes et de leur pasteur. Palmas a le mérite d’avoir un ciné, des grands magasins, un fleuve pour se baigner, des cascades aussi. Bon mais ce n’est pas possible d’y aller seul. Il faut que je motive soit Olivier soit les filles de Fidesco.

Quand je reste à la maison, j’essaye d’aller faire du cheval dans une chacara pas loin de la maison où il y a des jeunes qui m’emmènent en promenade. Il y a aussi en ville des paroissiens qui me prêtent leur piscine.

Tout ça est maintenant un peu en place. Me manque toujours un lieu de retraite (de silence et de prière)… et la famille et les amis ! Mais ça, ça fait partie de la mission…