Ci-dessous le récit des 10 jours de fête paroissiale. Bonne lecture !

Samedi 29 novembre

Et c’est parti ! Levé 5h00 pour partir à 5h30. Tous les lève-tôt de la paroisse se retrouvent pour le départ de la « careata » c'est-à-dire la procession de voitures et de motos à 6h00. Départ d'une des communautés de la ville, Saint Sébastien. Durant une heure, nous traversons la ville endormie à coup de pétards, fusées, klaxonne et musique de la Sainte Vierge sur les voitures de son qui nous accompagnent. Bonne ambiance avec beaucoup de monde. A l'arrivée à la cathédrale, c'est bénédiction des voitures et des conducteurs puis messe d'ouverture du festejo. La cathédrale est presque pleine. Je passe la matinée le reste de la matinée à aider à l'installation des tables de la cuisine et je retourne une nouvelle fois dans les deux radios de la ville continuer à faire ma promotion. Déjeuner, petite sieste tranquille. J'ai mal à l'épaule : je pense que j'ai trop béni ce matin. A 16h00 nous partons pour la périphérie de la ville afin de bénir la croix qui a été plantée ces jours-ci sur le terrain où, un jour, nous construirons une église. Nous y accueillons Don Dominique, l’évêque, qui arrive avec la statue de la Sainte Vierge qui a visité le diocèse pendant les 15 derniers jours. Belle célébration avec pas mal de gens dont certains du coin. Nous avons échappé à la pluie. La « carreata » fait le tour de la ville pendant 2 bonnes heures. Je suis debout à l’arrière de la camionnette avec Dom Dominique à saluer les gens. Un bon moment. Célébration de la neuvaine à 19h00 dans une cathédrale pleine. Il paraît que le moment le plus émouvant fut quand j’ai coiffé la Sainte Vierge avec sa couronne tandis qu’une petite fille de 7 ans chantait en son honneur. Qu’est-ce qu’on ne me fera pas faire… Le soir a lieu la première soirée culturelle organisée par les professionnels de la santé. En fait de culturel, il s’agit de vendre aux enchères des lots de nourriture, bonbons, savons… offerts par les médecins et professionnels de la santé. A chacun sa culture ! Mais il y a beaucoup de monde, de l’ambiance et toute la nourriture a été vendue (avec un bon profit paraît-il). Je me couche à 22h30, vanné.

Dimanche 30 novembre

Levé 6h00 pour partir, cette fois-ci à 6h30 en bateau direction l’autre côté du fleuve. Je célèbre la messe dans la chapelle Saint Sébastien. Il n’y a pas grand monde mais il y à notre statue de la Ste Vierge qu’il s’agit de ramener à Conceição. La messe est un peu tristounette. Pas de mal. Dès la fin de la messe, 8h30, nous filons avec les 4 barques car le temps commence à se faire menaçant : il ne faudrait pas être que la tempête nous rejoigne sur le fleuve… Avec notre statue bien lourde sur cette barque au raz de l’eau je n’en mène pas large. Enfin nous arrivons. Et quelle arrivée : il y a là une petite centaine d’enfants chantant avec des ballons à la main et pas mal de familles. Se forme la procession : des hommes portent la Ste Vierge, les enfants l’entourent en tenant une corde à la main et tous les autres suivent. Et nous prenons la route en chantant à tue-tête (c’est l’avantage avec les enfants). Et voilà que la pluie d’abord, puis la tempête puis l’orage nous rattrapent sur le chemin. Un vrai déluge. Impossible de s’arrêter, il n’y a pas d’abri alors courageusement tout le monde s’accroche, chantant le plus fort possible pour dominer le bruit de l’orage. Je suis une éponge. Les enfants s’accrochent à la corde pour traverser les ruelles de la ville transformées en torrents. Les éclairs ont dû tomber pas bien loin (au plus fort de l’orage l’éclair et le tonnerre étaient simultanés). Finalement nous arrivons à la cathédrale qui n’a plus de courant (la table de son à sauté avec les éclairs). Et tous, à tue-tête, de chanter encore et toujours avec le mot de la fin pour le Padre Paulo disant : «  la procession fluviale » s’est transformée en « procession chuviale » ( = pluvieuse). Une bonne douche pour rattraper tout cela et un solide petit-déj nous remettent sur pieds. Je compte les sous de la quête puis mets à jour mon journal. Les filles (2 coopérants françaises) nous ont préparé un bon déjeuner. Dom Dominique s’incruste, Padre Paulo fuit : « ras le bol des déjeuners français ». Longue sieste puis facetime avec les parents avant de retourner à la cathédrale pour les préparatifs de la soirée. A 19h00 messe et neuvaine incorporée. Dom Dominique préside mais je prêche. La cathédrale est bourrée à craquer comme je ne l’ai jamais vue. Résultat, il y a beaucoup de monde à la fête qui suivra sur la place de la cathédrale organisée par les éducateurs. Il y a aussi tellement de lots qu’on n’arrivera pas à tout vendre. Belle soirée.

Lundi 1° décembre

            Pour une fois, le lundi ne ressemble pas aux autres… quoique ! Je célèbre la messe à 7h00 du matin. Il y a du monde… même à cette heure, eh oui : c’est ça le Brésil ! Petit-déj, débrief de la soirée d’hier soir qui a été très bonne puis je file à l’academy (salle de sport) tandis que Padre Paulo commence sa tournée avec la Ste Vierge. Cette semaine, il va visiter toutes les institutions (banques, préfecture, écoles…) avec la Statue de la Ste Vierge pour un temps de célébration. Ca m’a fait du bien, de faire un peu de sport : je suis tendu. Retour à la maison pour compter les sous de la quête. Bonne sieste puis je file à la chacara (maison de campagne) de deux jeunes de la confirmation pour faire du cheval. Lucas s’est fait piquer par une « araia » (ça ressemble à une araignée comme nom mais c’est un poisson avec un dard qu’on trouve dans les rivières). Nous seulement cela fait mal mais ça le prive de la cavalgada (procession à cheval) de dimanche prochain. Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, je récupère son cheval. Avec 3 autres jeunes, nous partons en direction de la ville : objectif = évaluer le temps pour parcourir l’itinéraire de la cavalgada. Résultat : deux heures de balade à cheval à travers la ville : les paroissiens ont été surpris de me voir ainsi. Très sympa mais pas pour les fesses dans les heures qui ont suivies. Olivier, mon séminariste, ramène le cheval à son écurie et reviendra avec la voiture. Je me prépare pour la neuvaine. C’est le Père Otavio, l’ancien curé qui m’avait accueilli il y a un an, qui est venu pour la célébrer. Nous avons le temps de parler tous les deux. Il a l’air heureux d’être là. L’église est pleine et les gens contents de le saluer après. Ce soir, c’est détente : il n’y a pas toute la structure de vente aux enchères. C’est plus calme, plus court, plus familial… Plus mieux quoi ! C’était pour moi une évidence qu’il y avait tous les soirs quelque chose sur la place de la cathédrale… en fait non ! Mais comme c’était une évidence pour moi, je l’ai imposé. Et tout le monde est content car ça crée une autre ambiance.

Mardi 2 décembre

            C’est Paulo qui célèbre la messe de l’aurore. J’en profite pour prier. Il y a du monde au petit-déj car il y a une réunion à l’évêché et les prêtres qui y participent préfèrent manger à la maison paroissiale. Comme Paolo est sollicité pour cette réunion, je le remplace pour les visites avec les Sainte Vierge. Première étape : la Banque ! Imaginez le P Max avec la Statue de la Ste Vierge (de 1 mètre de hauteur) sous le bras, entrant dans à la BNP (équivalent local) pour faire une célébration avec les employés, sous les yeux des clients qui attendent la fin de la célébration pour être reçus… Surréaliste. Deuxième étape à l’hôpital. Je suis en terrain connu mais il y a là, en plus de mes fidèles habituels, tous les officiels. Ce sont des politiques. Et comme l’hôpital dépend de l’Etat qui est d’un autre bord que la mairie, je sais que ce n’est pas simple tous les jours… et comme tous ces gens là sont cathos ! Nous visitons tout l’hôpital qui est en travaux, sans oublier les malades. Dernière étape, le poste fiscal au pont faisant la séparation avec le Tocantins. Célébration toute simple et déjeuner sur place avec les gens qui travaillent là. Après la sieste, je travaille un peu à la maison puis reçois un couple pour une préparation au mariage. Ensuite confession avec le P Cristiano qui est arrivé pour la neuvaine. Belle célébration de nouveau suivie de la soirée fraternelle sur la place de la cathédrale. De nouveau bonne ambiance : il y a un chanteur qui est impressionnant ! Je passe de table en table pour vendre mes carnets de tombola (souvenirs de la tombola de l’école Ste Marie).

Mercredi 3 décembre

            Je célèbre à 7h00. Il y a du monde. Petit-déj rapide avant d’aller à la UEPA (l’université) pour la célébration avec le Ste Vierge. En fait elle n’aura pas lieu car il y a peu d’élèves et ceux qui bossent sont préoccupés par leurs exams. Je m’y attendais un peu. Pas de mal. J’en profite pour rencontrer la coordinatrice de la UEPA avec laquelle je parle du projet de maison étudiante. Je suis préoccupé par le recrutement. Retour à la maison pour le déjeuner puis la sieste. Je reçois les organisateurs de la cavalgada pour parler de la messe finale puis un couple pour préparer un baptême. Je voulais aller marcher mais il y a la télé pour me filmer. Allons-y pour la pub. J’ai un problème avec la table de son de la cathédrale qui a cramé avec l’orage de dimanche. On ne trouve pas la pièce pour réparer. Ca me stress un peu. Ce soir c’est le Padre Saul qui préside la célébration. Elle va durer longtemps surtout à cause des jeunes du Projet Emaus qui ont préparé la célébration et qui sont nombreux à y participer. Un beau moment. La fête ensuite ressemble à celle d’hier. Je raccompagne quelques jeunes dans leur quartier.

Jeudi 4 décembre

            C’est l’anniversaire d’ordination de Paulo. Il célèbre la messe. Nous comptons les sous de la quête puis je mets à jour mon journal avant de me rendre à la IFPA pour une visite avec le Ste Vierge. C’est l’autre université que je ne connais pas encore. Super accueil, des gens très gentils et désireux de faire des liens avec la paroisse. Je visite tous les lieux. C’est le jour et la nuit avec la UEPA (l’autre université où je vais tous les mercredis). Ici tout est propre, avec des moyens importants et une ambiance studieuse. C’est une université fédérale. La UEPA est de l’Etat du Para. Ca explique pas mal de choses… Retour à la maison pour préparer le déjeuner. Nous avons quelques invités et je prépare une tarte tomate, basilic, fromage de chèvre. Fameux. Cet après-midi, je vais célébrer des obsèques puis marche un peu avant la soirée : chapelet, neuvaine animée par les sœurs puis soirée culturelle. Je suis lessivé comme tous les soirs.

Vendredi 5 décembre

            Je célèbre à 7h00, petit-déj puis je file dans une école pour une célébration avec la statue de la Ste Vierge. Il y a là 400 élèves qui participent avec bonne volonté. C’est une école publique dont la directrice est un pilier de la paroisse. Un bon moment. Je passe à l’academy. Des trombes d’eau. Retour à la maison. Je devais aller à la radio mais la pluie me démotive. Cet après-midi je retourne à l’école pour les élèves de l’après-midi (comme on manque d’école les élèves étudient soit le matin, soit l’après-midi soit la nuit, histoire que les locaux soient utilisés au maximum). Je travaille sur mon homélie de dimanche jusqu’à l’heure du chapelet. Il pleut toujours. Heureusement ça se calmera au moment de la fête. Nous avons donc une belle soirée avec les avocats, juges et autres professions juridiques. Je rencontre un jeune juge intéressant. Couché vers 22h30.

Samedi 6 décembre

            Plus tranquille ce matin : la messe n’est qu’à 8h30. C’est la messe avec l’onction des malades. La cathédrale est pleine de malades et de vieux qui viennent un par un en procession recevoir le sacrement des malades. C’est un peu l’usine et ça dure une plombe surtout qu’il y a pas mal de bien-portant qui viennent recevoir le sacrement (ça peut que faire du bien…). Je file ensuite faire le tour de mes radios (3) pour faire une ultime pub. Bien reçu partout. Je passe à la confraternisation du centre des enfants Emaus puis déjeuner chez une paroissienne pour son anniversaire. J’y retrouve la moitié de l’équipe de préparation du festejo. Un bout de sieste avant de compter les sous de la quête et de retourner dans l’église. Je cours après une ampoule. Belle célébration avec la pastorale carcérale. P Paulo fut court dans son homélie. Il se met à pleuvoir pendant la célébration. Ca n’arrêtera pas de toute la soirée. J’avais peur que ça plombe l’ambiance… de fait il y avait moins de monde mais comme c’était la soirée des fazendeiros (des propriétaires terriens) ils étaient là, entre eux et donc contents. Surtout qu’il y avait un animateur professionnel de vente aux enchères. C’était impressionnant. Je me suis pris au jeu offrant ma ceinture (que j’avais acheté le matin même à la foire, une ceinture de cow-boy avec la Ste Vierge sur le ceinturon). Je l’avais acheté 50 R$... elle a été vendue 350 R$... Ca valait bien la photo avec l’acheteur… Je suis resté jusqu’à 23h30.

Dimanche 7 décembre

             Il a plu toute la nuit. Résultat j’ai mal dormi car je suis inquiet pour la suite… Je prépare le petit-déj, entre autres pour les séminaristes qui sont arrivés hier soir puis avec Elmira je retourner à la foire acheter une nouvelle ceinture. Je n’en trouve pas une aussi belle. Retour à la maison pour vérifier que le son pour le parvis de la cathédrale est en train d’être installé. La pluie s’est arrêtée mais elle pourrait bien revenir. Croisons les doigts ! Déjeuner chez Elmira puis sieste. A 16h00 nous sommes à la foire aux bestiaux pour le début de la cavalgada. Il ne pleut plus… et il y a des chevaux… et pas un peu ! 170 ! Pour une première, je n’osais pas y croire. Je salue les uns et les autres puis enfourche mon propre cheval tout beau, qui a été préparé par Junior et Lucas. Je récupère le drapeau de la paroisse et me voilà prêt au départ. Ce sont les vélos qui ouvrent la procession, suivi de l’évêque en soutane dans sa charrette, suivi de la Sainte Vierge dans sa propre charrette, suivi de la « voiture son », de la préfète et du curé (moi !) suivi des portes drapeaux et de tous les chevaux. Et c’est parti. 2 heures de procession dans la ville. Merveilleux. Quel bonheur. Quel plaisir ! Arrivée à la cathédrale pour la bénédiction. Il y a un monde fou. La plupart des cavaliers ne resteront pas à la messe mais qu’importe ça valait la peine. Belle messe sur la place de la cathédrale bien remplie (1500 – 2000 personnes ?) Il faut dire qu’après la messe commence le bingo qui est un des évènements de la paroisse (chaque à sa grille et on tire les boules jusqu’à ce que quelqu’un gagne un lot. Le plus beau étant une moto). Impressionnant comme ambiance. La fête continue jusqu’à minuit. Quelle journée…

Lundi 8 décembre

            C’est le jour de la fête. Inutile de dire que j’ai eu du mal à dormir. A 7h00 je suis dans la cathédrale pour voir les derniers détails. Toute la nuit, des paroissiens ont travaillé pour nettoyer et préparer la cathédrale pour la fête. Si le chœur de l’église est rempli d’enfants de chœur, la cathédrale n’est pas bondée. Il y a surtout les personnes âgées. Les autres se gardent pour la messe du soir. Belle célébration présidée par notre évêque qui annonce à la fin de la messe, l’arrivée de la communauté kerygme sur la paroisse d’ici 15 jours. Petit-déj à la maison de l’évêque puis détente (courte) avec les filles avant de commencer la ballade du churrasco. Il y a barbecue paroissiale (On a cuit plus de 500 kg de viande). Je passe de table en table saluer les uns et les autres. L’ambiance est bonne, il fait chaud, il y a du monde et déjà beaucoup de compliments positifs sur le festejo. Je mange un morceau mais avec la chaleur, je ne suis pas affamé. Petite sieste rapide et à 4H00 nous partons à NS Aparecida d’où partira la procession. Il y a beaucoup de monde, en particulier les prêtres et religieuses arrivés pour l’occasion. Il faut un peu de temps pour que la procession se mette en route… mais on y arrive. Il y a du monde, beaucoup de monde. Deux voitures de son, des prêtres et enfants de chœur en pagaille et l’évêque marchant devant la Sainte Vierge portée par les fidèles. Je prends en charge l’animation du rosaire. Nous méditons presqu’un rosaire entier entrecoupé de chants animés par les jeunes charismatiques. Je saurai après que les prêtres ont trouvé ça trop priant… mais que pour l’évêque c’est la première fois que la procession est priante. Les gens ont aimé. On arrive dans la nuit à la cathédrale. Il y a du monde, encore plus que dans la procession. Un peu de tension lors de la transition entre procession et messe. Celle-ci a lieu sur la place de la cathédrale. Belle célébration, un peu longue pour les gens qui sont debout après 3 heures de marche. Après la bénédiction finale, a lieu, le traditionnel « couronnement de la Vierge Marie », sorte de son et lumière avec les enfants de la paroisse dansant déguisés en ange. Je dois avouer que c’était pas mal même si toujours un peu kitsh… J’ai bien aimé l’envol du chapelet géant avec des ballons d’hélium en guise de boules du chapelet. Ensuite dernière fête sur la place. Je suis vanné mais je reste un bon moment pour remercier les uns et les autres. Quelle semaine !