Mission Père Max au Brésil

14 décembre 2014

Neuvaine et festejo... carnet de bord

Ci-dessous le récit des 10 jours de fête paroissiale. Bonne lecture !

Samedi 29 novembre

Et c’est parti ! Levé 5h00 pour partir à 5h30. Tous les lève-tôt de la paroisse se retrouvent pour le départ de la « careata » c'est-à-dire la procession de voitures et de motos à 6h00. Départ d'une des communautés de la ville, Saint Sébastien. Durant une heure, nous traversons la ville endormie à coup de pétards, fusées, klaxonne et musique de la Sainte Vierge sur les voitures de son qui nous accompagnent. Bonne ambiance avec beaucoup de monde. A l'arrivée à la cathédrale, c'est bénédiction des voitures et des conducteurs puis messe d'ouverture du festejo. La cathédrale est presque pleine. Je passe la matinée le reste de la matinée à aider à l'installation des tables de la cuisine et je retourne une nouvelle fois dans les deux radios de la ville continuer à faire ma promotion. Déjeuner, petite sieste tranquille. J'ai mal à l'épaule : je pense que j'ai trop béni ce matin. A 16h00 nous partons pour la périphérie de la ville afin de bénir la croix qui a été plantée ces jours-ci sur le terrain où, un jour, nous construirons une église. Nous y accueillons Don Dominique, l’évêque, qui arrive avec la statue de la Sainte Vierge qui a visité le diocèse pendant les 15 derniers jours. Belle célébration avec pas mal de gens dont certains du coin. Nous avons échappé à la pluie. La « carreata » fait le tour de la ville pendant 2 bonnes heures. Je suis debout à l’arrière de la camionnette avec Dom Dominique à saluer les gens. Un bon moment. Célébration de la neuvaine à 19h00 dans une cathédrale pleine. Il paraît que le moment le plus émouvant fut quand j’ai coiffé la Sainte Vierge avec sa couronne tandis qu’une petite fille de 7 ans chantait en son honneur. Qu’est-ce qu’on ne me fera pas faire… Le soir a lieu la première soirée culturelle organisée par les professionnels de la santé. En fait de culturel, il s’agit de vendre aux enchères des lots de nourriture, bonbons, savons… offerts par les médecins et professionnels de la santé. A chacun sa culture ! Mais il y a beaucoup de monde, de l’ambiance et toute la nourriture a été vendue (avec un bon profit paraît-il). Je me couche à 22h30, vanné.

Dimanche 30 novembre

Levé 6h00 pour partir, cette fois-ci à 6h30 en bateau direction l’autre côté du fleuve. Je célèbre la messe dans la chapelle Saint Sébastien. Il n’y a pas grand monde mais il y à notre statue de la Ste Vierge qu’il s’agit de ramener à Conceição. La messe est un peu tristounette. Pas de mal. Dès la fin de la messe, 8h30, nous filons avec les 4 barques car le temps commence à se faire menaçant : il ne faudrait pas être que la tempête nous rejoigne sur le fleuve… Avec notre statue bien lourde sur cette barque au raz de l’eau je n’en mène pas large. Enfin nous arrivons. Et quelle arrivée : il y a là une petite centaine d’enfants chantant avec des ballons à la main et pas mal de familles. Se forme la procession : des hommes portent la Ste Vierge, les enfants l’entourent en tenant une corde à la main et tous les autres suivent. Et nous prenons la route en chantant à tue-tête (c’est l’avantage avec les enfants). Et voilà que la pluie d’abord, puis la tempête puis l’orage nous rattrapent sur le chemin. Un vrai déluge. Impossible de s’arrêter, il n’y a pas d’abri alors courageusement tout le monde s’accroche, chantant le plus fort possible pour dominer le bruit de l’orage. Je suis une éponge. Les enfants s’accrochent à la corde pour traverser les ruelles de la ville transformées en torrents. Les éclairs ont dû tomber pas bien loin (au plus fort de l’orage l’éclair et le tonnerre étaient simultanés). Finalement nous arrivons à la cathédrale qui n’a plus de courant (la table de son à sauté avec les éclairs). Et tous, à tue-tête, de chanter encore et toujours avec le mot de la fin pour le Padre Paulo disant : «  la procession fluviale » s’est transformée en « procession chuviale » ( = pluvieuse). Une bonne douche pour rattraper tout cela et un solide petit-déj nous remettent sur pieds. Je compte les sous de la quête puis mets à jour mon journal. Les filles (2 coopérants françaises) nous ont préparé un bon déjeuner. Dom Dominique s’incruste, Padre Paulo fuit : « ras le bol des déjeuners français ». Longue sieste puis facetime avec les parents avant de retourner à la cathédrale pour les préparatifs de la soirée. A 19h00 messe et neuvaine incorporée. Dom Dominique préside mais je prêche. La cathédrale est bourrée à craquer comme je ne l’ai jamais vue. Résultat, il y a beaucoup de monde à la fête qui suivra sur la place de la cathédrale organisée par les éducateurs. Il y a aussi tellement de lots qu’on n’arrivera pas à tout vendre. Belle soirée.

Lundi 1° décembre

            Pour une fois, le lundi ne ressemble pas aux autres… quoique ! Je célèbre la messe à 7h00 du matin. Il y a du monde… même à cette heure, eh oui : c’est ça le Brésil ! Petit-déj, débrief de la soirée d’hier soir qui a été très bonne puis je file à l’academy (salle de sport) tandis que Padre Paulo commence sa tournée avec la Ste Vierge. Cette semaine, il va visiter toutes les institutions (banques, préfecture, écoles…) avec la Statue de la Ste Vierge pour un temps de célébration. Ca m’a fait du bien, de faire un peu de sport : je suis tendu. Retour à la maison pour compter les sous de la quête. Bonne sieste puis je file à la chacara (maison de campagne) de deux jeunes de la confirmation pour faire du cheval. Lucas s’est fait piquer par une « araia » (ça ressemble à une araignée comme nom mais c’est un poisson avec un dard qu’on trouve dans les rivières). Nous seulement cela fait mal mais ça le prive de la cavalgada (procession à cheval) de dimanche prochain. Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, je récupère son cheval. Avec 3 autres jeunes, nous partons en direction de la ville : objectif = évaluer le temps pour parcourir l’itinéraire de la cavalgada. Résultat : deux heures de balade à cheval à travers la ville : les paroissiens ont été surpris de me voir ainsi. Très sympa mais pas pour les fesses dans les heures qui ont suivies. Olivier, mon séminariste, ramène le cheval à son écurie et reviendra avec la voiture. Je me prépare pour la neuvaine. C’est le Père Otavio, l’ancien curé qui m’avait accueilli il y a un an, qui est venu pour la célébrer. Nous avons le temps de parler tous les deux. Il a l’air heureux d’être là. L’église est pleine et les gens contents de le saluer après. Ce soir, c’est détente : il n’y a pas toute la structure de vente aux enchères. C’est plus calme, plus court, plus familial… Plus mieux quoi ! C’était pour moi une évidence qu’il y avait tous les soirs quelque chose sur la place de la cathédrale… en fait non ! Mais comme c’était une évidence pour moi, je l’ai imposé. Et tout le monde est content car ça crée une autre ambiance.

Mardi 2 décembre

            C’est Paulo qui célèbre la messe de l’aurore. J’en profite pour prier. Il y a du monde au petit-déj car il y a une réunion à l’évêché et les prêtres qui y participent préfèrent manger à la maison paroissiale. Comme Paolo est sollicité pour cette réunion, je le remplace pour les visites avec les Sainte Vierge. Première étape : la Banque ! Imaginez le P Max avec la Statue de la Ste Vierge (de 1 mètre de hauteur) sous le bras, entrant dans à la BNP (équivalent local) pour faire une célébration avec les employés, sous les yeux des clients qui attendent la fin de la célébration pour être reçus… Surréaliste. Deuxième étape à l’hôpital. Je suis en terrain connu mais il y a là, en plus de mes fidèles habituels, tous les officiels. Ce sont des politiques. Et comme l’hôpital dépend de l’Etat qui est d’un autre bord que la mairie, je sais que ce n’est pas simple tous les jours… et comme tous ces gens là sont cathos ! Nous visitons tout l’hôpital qui est en travaux, sans oublier les malades. Dernière étape, le poste fiscal au pont faisant la séparation avec le Tocantins. Célébration toute simple et déjeuner sur place avec les gens qui travaillent là. Après la sieste, je travaille un peu à la maison puis reçois un couple pour une préparation au mariage. Ensuite confession avec le P Cristiano qui est arrivé pour la neuvaine. Belle célébration de nouveau suivie de la soirée fraternelle sur la place de la cathédrale. De nouveau bonne ambiance : il y a un chanteur qui est impressionnant ! Je passe de table en table pour vendre mes carnets de tombola (souvenirs de la tombola de l’école Ste Marie).

Mercredi 3 décembre

            Je célèbre à 7h00. Il y a du monde. Petit-déj rapide avant d’aller à la UEPA (l’université) pour la célébration avec le Ste Vierge. En fait elle n’aura pas lieu car il y a peu d’élèves et ceux qui bossent sont préoccupés par leurs exams. Je m’y attendais un peu. Pas de mal. J’en profite pour rencontrer la coordinatrice de la UEPA avec laquelle je parle du projet de maison étudiante. Je suis préoccupé par le recrutement. Retour à la maison pour le déjeuner puis la sieste. Je reçois les organisateurs de la cavalgada pour parler de la messe finale puis un couple pour préparer un baptême. Je voulais aller marcher mais il y a la télé pour me filmer. Allons-y pour la pub. J’ai un problème avec la table de son de la cathédrale qui a cramé avec l’orage de dimanche. On ne trouve pas la pièce pour réparer. Ca me stress un peu. Ce soir c’est le Padre Saul qui préside la célébration. Elle va durer longtemps surtout à cause des jeunes du Projet Emaus qui ont préparé la célébration et qui sont nombreux à y participer. Un beau moment. La fête ensuite ressemble à celle d’hier. Je raccompagne quelques jeunes dans leur quartier.

Jeudi 4 décembre

            C’est l’anniversaire d’ordination de Paulo. Il célèbre la messe. Nous comptons les sous de la quête puis je mets à jour mon journal avant de me rendre à la IFPA pour une visite avec le Ste Vierge. C’est l’autre université que je ne connais pas encore. Super accueil, des gens très gentils et désireux de faire des liens avec la paroisse. Je visite tous les lieux. C’est le jour et la nuit avec la UEPA (l’autre université où je vais tous les mercredis). Ici tout est propre, avec des moyens importants et une ambiance studieuse. C’est une université fédérale. La UEPA est de l’Etat du Para. Ca explique pas mal de choses… Retour à la maison pour préparer le déjeuner. Nous avons quelques invités et je prépare une tarte tomate, basilic, fromage de chèvre. Fameux. Cet après-midi, je vais célébrer des obsèques puis marche un peu avant la soirée : chapelet, neuvaine animée par les sœurs puis soirée culturelle. Je suis lessivé comme tous les soirs.

Vendredi 5 décembre

            Je célèbre à 7h00, petit-déj puis je file dans une école pour une célébration avec la statue de la Ste Vierge. Il y a là 400 élèves qui participent avec bonne volonté. C’est une école publique dont la directrice est un pilier de la paroisse. Un bon moment. Je passe à l’academy. Des trombes d’eau. Retour à la maison. Je devais aller à la radio mais la pluie me démotive. Cet après-midi je retourne à l’école pour les élèves de l’après-midi (comme on manque d’école les élèves étudient soit le matin, soit l’après-midi soit la nuit, histoire que les locaux soient utilisés au maximum). Je travaille sur mon homélie de dimanche jusqu’à l’heure du chapelet. Il pleut toujours. Heureusement ça se calmera au moment de la fête. Nous avons donc une belle soirée avec les avocats, juges et autres professions juridiques. Je rencontre un jeune juge intéressant. Couché vers 22h30.

Samedi 6 décembre

            Plus tranquille ce matin : la messe n’est qu’à 8h30. C’est la messe avec l’onction des malades. La cathédrale est pleine de malades et de vieux qui viennent un par un en procession recevoir le sacrement des malades. C’est un peu l’usine et ça dure une plombe surtout qu’il y a pas mal de bien-portant qui viennent recevoir le sacrement (ça peut que faire du bien…). Je file ensuite faire le tour de mes radios (3) pour faire une ultime pub. Bien reçu partout. Je passe à la confraternisation du centre des enfants Emaus puis déjeuner chez une paroissienne pour son anniversaire. J’y retrouve la moitié de l’équipe de préparation du festejo. Un bout de sieste avant de compter les sous de la quête et de retourner dans l’église. Je cours après une ampoule. Belle célébration avec la pastorale carcérale. P Paulo fut court dans son homélie. Il se met à pleuvoir pendant la célébration. Ca n’arrêtera pas de toute la soirée. J’avais peur que ça plombe l’ambiance… de fait il y avait moins de monde mais comme c’était la soirée des fazendeiros (des propriétaires terriens) ils étaient là, entre eux et donc contents. Surtout qu’il y avait un animateur professionnel de vente aux enchères. C’était impressionnant. Je me suis pris au jeu offrant ma ceinture (que j’avais acheté le matin même à la foire, une ceinture de cow-boy avec la Ste Vierge sur le ceinturon). Je l’avais acheté 50 R$... elle a été vendue 350 R$... Ca valait bien la photo avec l’acheteur… Je suis resté jusqu’à 23h30.

Dimanche 7 décembre

             Il a plu toute la nuit. Résultat j’ai mal dormi car je suis inquiet pour la suite… Je prépare le petit-déj, entre autres pour les séminaristes qui sont arrivés hier soir puis avec Elmira je retourner à la foire acheter une nouvelle ceinture. Je n’en trouve pas une aussi belle. Retour à la maison pour vérifier que le son pour le parvis de la cathédrale est en train d’être installé. La pluie s’est arrêtée mais elle pourrait bien revenir. Croisons les doigts ! Déjeuner chez Elmira puis sieste. A 16h00 nous sommes à la foire aux bestiaux pour le début de la cavalgada. Il ne pleut plus… et il y a des chevaux… et pas un peu ! 170 ! Pour une première, je n’osais pas y croire. Je salue les uns et les autres puis enfourche mon propre cheval tout beau, qui a été préparé par Junior et Lucas. Je récupère le drapeau de la paroisse et me voilà prêt au départ. Ce sont les vélos qui ouvrent la procession, suivi de l’évêque en soutane dans sa charrette, suivi de la Sainte Vierge dans sa propre charrette, suivi de la « voiture son », de la préfète et du curé (moi !) suivi des portes drapeaux et de tous les chevaux. Et c’est parti. 2 heures de procession dans la ville. Merveilleux. Quel bonheur. Quel plaisir ! Arrivée à la cathédrale pour la bénédiction. Il y a un monde fou. La plupart des cavaliers ne resteront pas à la messe mais qu’importe ça valait la peine. Belle messe sur la place de la cathédrale bien remplie (1500 – 2000 personnes ?) Il faut dire qu’après la messe commence le bingo qui est un des évènements de la paroisse (chaque à sa grille et on tire les boules jusqu’à ce que quelqu’un gagne un lot. Le plus beau étant une moto). Impressionnant comme ambiance. La fête continue jusqu’à minuit. Quelle journée…

Lundi 8 décembre

            C’est le jour de la fête. Inutile de dire que j’ai eu du mal à dormir. A 7h00 je suis dans la cathédrale pour voir les derniers détails. Toute la nuit, des paroissiens ont travaillé pour nettoyer et préparer la cathédrale pour la fête. Si le chœur de l’église est rempli d’enfants de chœur, la cathédrale n’est pas bondée. Il y a surtout les personnes âgées. Les autres se gardent pour la messe du soir. Belle célébration présidée par notre évêque qui annonce à la fin de la messe, l’arrivée de la communauté kerygme sur la paroisse d’ici 15 jours. Petit-déj à la maison de l’évêque puis détente (courte) avec les filles avant de commencer la ballade du churrasco. Il y a barbecue paroissiale (On a cuit plus de 500 kg de viande). Je passe de table en table saluer les uns et les autres. L’ambiance est bonne, il fait chaud, il y a du monde et déjà beaucoup de compliments positifs sur le festejo. Je mange un morceau mais avec la chaleur, je ne suis pas affamé. Petite sieste rapide et à 4H00 nous partons à NS Aparecida d’où partira la procession. Il y a beaucoup de monde, en particulier les prêtres et religieuses arrivés pour l’occasion. Il faut un peu de temps pour que la procession se mette en route… mais on y arrive. Il y a du monde, beaucoup de monde. Deux voitures de son, des prêtres et enfants de chœur en pagaille et l’évêque marchant devant la Sainte Vierge portée par les fidèles. Je prends en charge l’animation du rosaire. Nous méditons presqu’un rosaire entier entrecoupé de chants animés par les jeunes charismatiques. Je saurai après que les prêtres ont trouvé ça trop priant… mais que pour l’évêque c’est la première fois que la procession est priante. Les gens ont aimé. On arrive dans la nuit à la cathédrale. Il y a du monde, encore plus que dans la procession. Un peu de tension lors de la transition entre procession et messe. Celle-ci a lieu sur la place de la cathédrale. Belle célébration, un peu longue pour les gens qui sont debout après 3 heures de marche. Après la bénédiction finale, a lieu, le traditionnel « couronnement de la Vierge Marie », sorte de son et lumière avec les enfants de la paroisse dansant déguisés en ange. Je dois avouer que c’était pas mal même si toujours un peu kitsh… J’ai bien aimé l’envol du chapelet géant avec des ballons d’hélium en guise de boules du chapelet. Ensuite dernière fête sur la place. Je suis vanné mais je reste un bon moment pour remercier les uns et les autres. Quelle semaine ! 

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19 novembre 2014

Brésil, Eglise et politique

Une fois n’est pas coutume, je m’essaye à une petite analyse de fond sur ce que je vis. Vous avez peut-être suivi de loin les élections présidentielles brésiliennes qui ont vu la réélection de justesse de la présidente Dilma Roussef du PT, Parti des Travailleurs. Cette élection, pour ce que j’en ai vu d’ici, n’a pas déclanché les passions si ce n’est avec le suspens du premier tour suscité par le 3ème homme… qui était une femme : Marina.

Il est difficile de juger du désamour des brésiliens pour la politique puisque les élections sont obligatoires sous peine d’amende. De même, les assesseurs des bureaux de vote sont des citoyens lambadas choisis par la justice pour assurer le travail. Pas moyen d’y échapper. Si il y avait près de 15 candidats, la vie politique est dominée par deux grands partis. Le Parti des Travailleurs, au pouvoir depuis 12 ans (et encore pour 4) connu surtout pour son fondateur, Lula. Et le PMDM qui a failli l’emporter avec Aécio. En gros, le PT est à gauche (pour nous) et l’autre au centre. Il n’y a plus vraiment de parti de droite depuis la fin de la dictature. Il y a aussi les écolos représentés par Marina qui a failli créer la surprise. Pendant 2 mois, nous avons été harcelé de propagande dans les rues, à la télé et surtout par les « voitures son » qui nous ont bassiné avec les codes des candidats. Comme le vote est électronique (il y a un ordinateur dans chaque bureau de vote) il faut connaître les 5 numéros de son candidat (d’où les ritournelles incessantes pour nous les inscrire dans la mémoire). On votait aussi pour les parlements fédéral et estadual et pour le gouverneur de l’Etat du Para. Pas de grand changement. On a la même présidente et le même gouverneur… comme c’est lui qui s’occupe de l’état des routes… pas sûr que grand-chose ne change.

            L’Eglise ne fait pas de politique… en théorie ! De fait, la conférence des évêques s’est contentée d’inciter à voter et elle a organisé un débat sur la chaine de télé catho Aparecida entre les candidats. C’était amusant d’entendre les évêques poser des questions aux candidats et d’entendre ceux-là faire des grandes déclarations de catholicisme… Si à Conceição, les élections n’ont pas passionné les gens, elles ont par contre bien animé la paroisse. Il se trouve que mes paroissiens, en grand nombre, sont très politisés. En soi, cela ne me gêne pas si ce n’est que cela nuit fortement à l’unité et à la fraternité de la paroisse. J’entends souvent des gens me dire : « vous savez Père, pour entrer dans ce mouvement, dans ce groupe, il faut être de tel parti politique… » Ca a le don de m’énerver, je le dis mais rien ne bouge ! Cela s’explique en parti par le fait que le PT (parti des travailleurs) est historiquement une émanation des cellules de base (petites communautés ecclésiales) qui sont encore très actives dans ma paroisse. Si le PT national s’émancipe de son lien avec l’Eglise, Dieu soit loué, le PT local est encore bien lié à l’Eglise… malheureusement car la gestion de la ville par le PT n’a rien de glorieux (l’actuel préfet – maire remplace le légitime qui est en procès pour détournement d’argent public si j'ai bien compris). En plus, il y a au sein du PT, des courants (en gros les bourgeois et les campagnards) qui se partagent le pouvoir a tour de rôle avec valse de postes dès qu’il y a un changement de règne (et comme ces postes sont tenus pour la plupart par des paroissiens… c’est pas simple). Résultat la « politique paroissiale » est claire : on ne demande rien à la préfecture et on se débrouille par nous-mêmes (je vais quand même aller demander demain au préfet de nettoyer la place de la cathédrale pour la fête).

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04 novembre 2014

Missão Continental à la campagne

Durant 5 jours avec 15 missionnaires de la ville, nous avons participé à la Missao Continental dans la région Joncon, qui se trouve à 2 heures de piste de Conceiçao.

Au programme : 13 communautés à visiter en 5 jours. Chaque communauté ayant une surface de plus ou moins la superficie d’un village chez nous avec une cinquantaine de fermes (chacara) dispersées sur le territoire, vous imaginez les kilomètres parcourus à pieds, en moto, en voiture et à cheval. Chaque soir, les missionnaires et familles visitées se retrouvaient pour la célébration.

Ajouter à cela la pluie, les trous sur les pistes, la chaleur, la fatigue et vous avez le cocktail d’une bonne mission !

Juste un extrait de mon journal de bord pour détailler le retour de la mission jusqu’à Conceiçao :

A 21h30, la voiture remplie de 6 missionnaires plus les bagages, nous prenons la route pour rentrer sous des trombes d’eau. Voyage difficile jusqu’à croiser les deux petits voitures d’Olivier et Paulo (qui célébraient la messe dans une autre communauté plus près de Conceiçao et donc on pris la route plus tôt) : « ça passe pas, le pont a été emporté par l’eau » . Merde ! Deux heures de route horrible pour rien. « on va tenter un autre chemin » explique Paulo. On s’engage sur une petite piste. Après avoir par trois fois failli resté au fond des ruisseaux que nous traversons, nous bloquons devant une rivière plus haute que les autres (il y a près d’un mètre d’eau). Heureusement, il y a là l’espace pour faire demi-tour. Nous laissons la petite voiture de la paroisse dans une maison qui se trouve par là - plus d’essence – et nous nous entassons dans les 2 autres voitures avec retour à la case départ. En fait, on n’ira pas jusqu’à Joncon mais à Chapel de Palha où était stationné l’autre équipe de missionnaires. A minuit, ils réveillent une paroissienne qui se débrouille pour réunir quelques matelas et loger les 15 missionnaires que nous sommes ! Vive la mission !

Nuit courte mais sans moustique ! Olivier part avec un autre gars à l’aube acheter de l’essence dans des bouteilles de coca pour retourner en arrière remplir la Fiat. Nous nous organisons : Paulo et quelques missionnaires iront avec la camionnette célébrer la messe dans la communauté « Toussaint » : ça s’impose. Les autres dans les deux petites voitures prennent le chemin du retour, par l’arrière ! Comme ça ne passe pas par le chemin normal, on part dans l’autre sens : de nouveau 2h30 de pistes (je vais planter la voiture dans un fossé : heureusement le jeune qui est avec nous, arriver à redresser le pare-choc pour reprendre la route) puis 2h30 de route goudronnée pour arriver à Conceiçao. Je suis atendu à 14h00 pour le topo sur le pardon au sein du couple. Nous arrivons à 13h00 en ville.

ci-joint des photos.

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19 octobre 2014

Pastorale des jeunes et ados.

Il y a beaucoup de jeunes et d’ados à Conceiçao. Beaucoup à la messe (même en semaine) et en même temps, bien peu par rapport à la quantité de jeunes habitant Conceiçao. Grace à l'implication de mes deux séminaristes (l'un puis l'autre) le Setor Juventude fonctionne pas mal. Il est là pour soutenir les groupes de jeunes des communautés. Bon ça manque un peu de souffle mais on en est qu'au début. J'espère que la "missao Natal" (la "mission jeune" au moment de Noël) aidera à dynamiser tout ça.

Nous avons confirmé près de 150 jeunes et quelques adultes il y a de cela 1 mois. Un beau moment. C'est sympa de recroiser ensuite ces jeunes dans la rue avec le tee-shirt de la confirmation. Il y a aussi pas mal d'ados avec le projet Emmaus et Bernadette qui sont des projets plus sociaux que pastoraux. Olivier (le séminariste) s'y implique. Quant à moi j'ai l'occasion de les rencontrer de temps en temps. Il y a plein d'enfants au caté et je voudrai m'y impliquer plus ! Il y aussi l'enfance et l'adolescence missionnaire qui est dans une phase d'expansion intéressante.

Mais moi je suis plus "attiré" et impliqué auprès des étudiants. Si Conceiçao perd peu à peu ses étudiants (après avoir été la deuxième ville universitaire de l'Etat après Belem) faute de développement industriel, il en reste pas mal. Je les rencontre tous les mercredi soir dans les locaux même de l'université pour un temps de cours de français (il ne me reste plus que 5 élèves, tous les autres ont jeté l'éponge), de catéchèse avec le youcat (un bon noyau d'une quinzaine de jeunes) et la messe une fois par mois. Je crois que tous les étudiants me connaissent maintenant ! Il faut dire que pas plus tard que vendredi dernier je suis entré dans toutes les classes pour faire de la pub pour le we de retraite que j'organise pour eux le we prochain. Ca n'a pas été de goût des profs que j'ai interrompu en pleine classe mais bon... on ne fait pas d'omelettes sans casser des oeufs ! Je me découvre plus téméraire que je ne m'imaginais ! J'espère en réunir plus de 50. Je confie cette rencontre de deux jours à votre prière. Le thème sera : affectivité et sexualité. Je me suis déjà essayé à ce thème avec les jeunes du groupe charismatique de la paroisse (une trentaine - 8 heures de formation.... ca a bien passé).

Mon grand projet reste l'ouverture du foyer des étudiants en février. Je pense que c'est maintenant acté dans la tête de tout le monde. Reste à bien définir le projet, à faire de la pub et à trier les candidatures. Reste surtout à trouver un coordinateur de la maison (qui pourrait accueillir jusqu'à 20 étudiants). Je n'ai pas beaucoup d'espoir côté français même si j'ai fait une demande à la DCC. Par contre avec Dom Dominique, on lance "Missao Araguaia" sorte de DCC brésilienne consistant à faire venir des laics missionnaires d'autres diocèses du Brésil. Ca pourrait marcher. Je suis plein d'espoir. Il faut que je m'implique plus dans cette affaire, je le sens, mais nous sommes en plein dans la préparation du fetsejo de la paroisse, l'évênement de l'année non seulement pour la paroisse mais aussi pour la ville et le diocèse.

Belle fête de la Mission aujourd'hui.  

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02 septembre 2014

Mois d’août, mois de retraites.

Il paraît que le temps des vacances d’été, en particulier le mois d’août, est un bon moment pour faire une retraite en France… il semble que ce soit aussi le cas ici même si ce mois d’août n’a pas été un mois de vacances… mais bien de retraites !

D’abord la « mission radicale Jovens » qui a réuni 400 jeunes (dont 50 de la paroisse) pendant les 3 jours du we du 15 août à Floresta (3 heures de route pour nous). Des confessions non-stop et un topo sur les vocations… Un beau moment, fatiguant ! A la brésilienne (la veille du départ, on n’avait pas le bus qui devait emmener les jeunes le lendemain à 5h00 du matin). Je suis impressionné par cette habitude de faire à la dernière minute… surtout que ça marche !

La retraite paroissiale. Ca c’est une de mes initiatives suite à une demande des paroissiens. 2 jours de retraite avec les coordinateurs de communautés et ministres de l’eucharistie. 80 personnes ont participé à la retraite (deux jours avant ils n’étaient que 20 inscrits). J’ai prêché la retraite et vécu ces deux jours avec eux. Très heureux de ce moment avec mes paroissiens. J’ai découvert que « mes brésiliens » savent aussi bien prier dans le silence que dans la louange et la parole.

La retraite de confirmation le week-end dernier. 120 ados de la paroisse durant deux jours pour préparer la confirmation de dimanche prochain. Je suis impressionné, cette fois-ci, par la qualité d’écoute qu’ils ont lors des topos et homélies ainsi que par leur facilité à chanter et à danser… Ca change des ados français de nos aumôneries ! A côté de ça, ils restent des ados scotchés à leur téléphone portable, préoccupés par la copine et parlant toute la nuit ! C’est la première retraite de confirmation de la paroisse (encore un truc où je suis passé en force… mais sans savoir tant ça me paraissait évident qu’il fallait une retraite de confirmation). Résultat, ils ne sont pas tellement habitués à ce genre de choses. J’ai été scotché de voir que les animateurs, le soir à 22h00, rentraient dormir chez eux laissant ces mineurs dormir seuls à la chacara… Hallucinant ! Mais c’est un manque de communication de ma part ! Il me reste toute la semaine qui vient pour confesser tous ces jeunes… et le mois de septembre pour me reposer (c’est pas gagné).

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03 août 2014

Enfin des nouvelles !

2 mois de silence ! Je suis désolé de cette parenthèse, vous prie de m'excuser et remercie tout spécialement ceux qui se sont préoccupé de savoir si quelque chose n'allait pas. L'explication est toute simple : le mois de juin a été tellement rempli par la paroisse que je n'ai pas eu un moment pour vous en parler... le mois de juillet a été tellement vide de paroisse que je n'avais rien à raconter !!!

Le mois de juin fut celui des festejo ! Chaque communauté a une chapelle qui est confié à un Saint Patron (Padroeiro). Ce Saint Patron est tellement vénéré que la date de sa fête devient, pour cette communauté, le jour de l'année le plus important; le jour du "festejo". Durant les 9 jours précédents le jour de la fête, la communauté fait une neuvaine de prière au Saint patron, chaque soir : un temps de prière et de célébration et un temps de convivialité (l'occasion de gagner un peu d'argent). Durant cette neuvaine, nous assurons la messe d'ouverture, celle de la fête et une soirée de réconciliation. le mois de juin a vu 5 neuvaines se superposer (jusqu'à 4 en même temps) : Divino Espirito Santo, Sao Joao Batista, NS do Perpeto Socorro, Sagrado Coraçao de Jesus, Sao Pedro. Ajoutez à ça la fête du "Corpus Christi" avec procession dans les rues avec le St Sacrement (et qui demande de décorer avant la route) ainsi que la visite pastorale de l'évêque durant une semaine qui s'est achevé par mon installation officielle comme curé de la cathédrale... et vous comprendrez pourquoi je ne vous ai pas écrit plus tôt !

Le 28 juin j'ai atterri à Paris pour un mois de vacances. Pas besoin de vous raconter cela ! Je suis revenu au Brésil depuis 3 jours. Il fait chaud! Mais l'accueil est super; les paroissiens sont rassurés de me voir revenir.
Je retrouve pour ma part les lieux, les rythmes, les ambiances, la langue portugaise (plus à l'aise)... Un copain prêtre français m'accompagne pour découvrir ce que je vis.

Abraço.

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29 mai 2014

le show du Padre Alexandro

Ces jours-ci c’est l’anniversaire de la ville. A cette occasion à lieu la Pequaira, sorte de grosse fête foraine de campagne avec stand de boissons, vendeurs de voitures et de motos, tir au fusil et auto tamponneuse, mais aussi concours de taureaux, de vaches laitières, de veaux, rodéos, défilé et chaque soir un show ! Ce soir, premier soir, c’est un « show catholique ». A 21h30 nous partons pour la foire avec Suraya et Irma Maria de Jesus. La star du soir est un prêtre chanteur (le Padre Alexandro) qui a son émission tous les soirs sur la télé Aparecida. (le lien pour voir : https://www.youtube.com/watch?v=iyfyYlvbl2w ). Nous faisons partie des VIP qui entrent sans payer et peuvent se garer à l’arrière de la tribune... Grisant !

Comme la star est en retard, nous avons le temps de faire le tour. Nous rencontrons beaucoup de paroissiens… c’est drôle comme ambiance : la plupart des gens sont habillés en cow-boys ! Comme nous sommes VIP, nous avons le droit d’accueillir le P Alexandre dans sa loge. Je suis filmé une première fois. Le présentateur me demande de chanter un de ses chants… je réponds que mon accent est tel que je risque de dénaturer le chant ! Ouf… Rebelote cette fois-ci en dialogue avec le P Alexandro : échange des politesse ! Des expériences qu’on ne fait pas tellement en France. Je retrouve ensuite mes nombreux paroissiens au milieu de la foule pour le show lui-même. Le Padre alterne chants cathos et traditionnels. Pour la dernière, il met sa chasuble et brandit son crucifix. C’est très impressionnant : les gens chantent, dansent et applaudissent à tour de rôle la statue de ND de Aparecida (patronne du Brésil) et Jésus Christ. J’ai du mal à imaginer ça en France. Retour à la maison à minuit et demi. 

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26 mai 2014

Mission continentale - 1ère étape terminée.

La mission continentale est terminée. Enfin, elle n’est jamais finie la mission. Elle va reprendre en novembre dans une région de la partie rurale de la paroisse. Et puis la mission c’est pour toute la vie… En tout cas elle est finie pour sa première partie en 2014. Si vous vous souvenez de ma présentation d’il y a quelques mois, la mission a commencé par la préparation pendant le carême : une semaine de « retraite dans la vie », un dimanche de formation au kerygme de la foi et deux soirées plus « techniques » sur comment visiter les familles. Entre 80 (au début de la retraite) et 40 personnes (pour les dernières soirées) ont participé à la formation. Bref un bon noyau de 40 personnes de ces deux communautés de St Michel et ND de Fatima qui ont accueilli la mission. Pour ce que je constate aujourd’hui, le premier fruit de cette mission est l’enthousiasme retrouvé des membres de ces deux communautés…

La mission a commencé par un « envoi en mission » le samedi 3 mai. Ce sont quelques 40 missionnaires qui, par 3, sont partis frapper aux portes de toutes les maisons de la rue qui leur était confié. Et ceci c’est répété tous les samedis et dimanches du mois de mai jusqu’à ce que tous aient été visités. Pour avoir participé à une demi-journée de visite, je peux vous raconter… Chaque missionnaire a son tee-shirt de la mission continentale, son sac de la mission continentale avec la Bible, et son parapluie qui sert de parasol. Dans chaque maison nous sommes accueillis avec bienveillance, curiosité (surtout avec mon accent) et étonnement (les cathos font aussi des visites ???). L’occasion d’un petit dialogue sur la famille, les difficultés, les projets, la foi… tout cela jusqu’à offrir notre tract où sont résumer toutes le propositions d’activités au cours de cette mission continentale sur les deux chapelles du quartier. En général, la rencontre se termine par un petit temps de prière. C’est beau… mais fatiguant. Pause déjeuner évidemment.

Pour ce qui concerne les activités proposées, outre la messe dominicale, on a organisé des soirées de catéchèse, des veillées de prières, des célébrations de la miséricorde, deux après-midi pour les enfants et deux soirée de louange pour les jeunes.

Ce soir la mission s’est achevée en apothéose avec la messe à l’extérieur avec tous les missionnaires et l’évêque, très heureux de cette dynamique. Petit moment d'émotion pour moi lorsque la responsable à remercier tout le monde en précisant que sans le "Padre Max" qui nous a écouté, soutenu, accompagné, encouragé... cette mission n'aurait pas aussi bien fonctionné ! Alléluia. 

Maintenant le défi est de prolonger le lien avec les familles visitées (j’ai déjà ma petite idée) et préparer la prochaine mission ! Amen…

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05 mai 2014

semaine sainte à Conceiçao do Araguaia

Rien de très original d'un point de vue liturgique. La semaine sainte au Sud du Para est la même qu'ailleurs si ce n'est que les liturgies sont un peu plus déployées et plus longue ! 

Dimanche des Rameaux. Une messe le samedi soir, une autre dimanche matin... rien à dire de particulier. Le plus intéressant commence le soir. A 17h00 nous voilà à Nossa Senhora du perpétuel secours pour le début de la procession de Rameaux. Il  y  a du monde. Après la bénédiction des rameaux dans l'église en construction, j’enfourche pour la seconde fois mon âne (cf photos) et nous voilà parti pour 1h30 de marche à travers les rues de la ville. Nous croisons un cortège de motos dont les conducteurs sont tout excités par la victoire de leur équipe de foot… a chacun sa religion. Nous ce sont les "Ave Maria" qui rythment notre marche! Nous finissons par arriver à la cathédrale ! Ce fut dur… le dos d’un âne est pas bien confortable ! La messe est solennelle, belle et la cathédrale déborde.  

Lundi, mardi et mercredi soir sont consacrés aux confessions. Le premier jour pour les femmes, le deuxième pour les hommes, le 3ème pour les jeunes. Je vous laisse deviner quel soir a été le plus long...

Jeudi saint la nuit. L'église est pleine ; ça fait plaisir ! La cérémonie se passe super bien. J'avais prévu de laver les pieds des fidèles dans l'assemblée de façon à ce que tout le monde puisse voir. C'est Dom Dominique qui le fait mais je pense qu'il en a été heureux et les paroissiens aussi. Il me laisse prêcher s'estimant trop fatigué. Belle célébration suivie d’une procession à travers la place de la cathédrale jusqu'au salon paroissial où nous avions installé le reposoir. On a adoré toute nuit. Il parait que c'est pas bien et qu'on peut adorer que jusqu'à minuit... Mais bon, je pense que le Seigneur s'y retrouvera. En tout cas, il y a eu du monde toute la nuit ! 

Vendredi saint. A 15 heures commence la célébration de la Passion dans la cathédrale presque pleine. Sobre et de bon goût. Nous sortons à 16h30 pour commencer le chemin de croix. Celui-ci durera trois heures ! Nous traversons pratiquement la moitié de la ville visitant quatre communautés. Je suis littéralement épuisée à la fin d’autant plus que nous avons été saucés copieusement au moment de la mort du Christ… le ciel pleure. La procession du chemin de croix se transforme en procession du « Seigneur mort » c'est-à-dire d'une statue du Christ dans son tombeau. Rentrés à la cathédrale, la vénération de cette statue se poursuit. De mon côté je prends une douche, je mange et vais me coucher en prévision du lendemain.

Vigile pascale. Un grand feu est allumé devant la cathédrale et la vigile commence. La cathédrale est plongée dans le noir seulement illuminée des bougies de l’assemblée. C’est impressionnant ! Je chante l’exultet en Portugais. Un exploit s'il vous plait ! 7 lectures plus tard le christ est ressuscité ! ALLELUIA ! La vigilee a duré 2h30 avec 3 baptêmes d'adultes. A la fin de la messe  je présente mes parents et ma filleule Marine à l’assemblée. Ceux-ci sont acclamés et embrassés comme du bon pain à la sortie !

Quand aux messes de Pâques... Rien de particulier. 

 

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26 avril 2014

40 ans au Brésil

Le 17 avril dernier, j’ai passé le cap de la quarantaine… non sans une certaine appréhension. Celle-ci a été levée par la gentillesse dont m’ont témoignée mes paroissiens. Je savais déjà que quelque chose se préparait parce que je sentais les gens autour de moi plus affairés sur un projet mystérieux que sur la préparation de la semaine sainte. A 8h00 ce matin là, à la fin de la prière, je suis prié de rester dans la chapelle… puis suis invité à rejoindre le salon paroissial où a été dressé un banquet de petit déjeuner digne d’un roi. Je suis accueilli par une trentaine de paroissien au son de « parabens a voce » qui est l’hymne local de « joyeux anniversaire » (même air). Avant de commencer à manger je me dois d'écouter les discours des uns et des autres ainsi que les chansons et recevoir une délégation de porteurs de cadeaux de tous les mouvements et pastorales de la paroisse. Je m'applique au moins à ouvrir le cadeau de la catéchèse (faute de goût, j'ai appris plus tard qu'au Bresil on se devait d'ouvrir les cadeaux tout de suite...) J'ai donc ouvert les autres plus tard : beaucoup de fringues et de serviette de bain à mon nom… chiqui ! Je prends le temps de remercier chacun, de goûter les mets préparés et de faire un petit discours disant à quel point je suis touché de l’accueil reçu à Conceiçao et combien j’ai l’impression en quelques mois d’être devenu un membre de la famille.

Le soir lors de la messe du jeudi saint (parce que vous aviez bien noté que mon anniversaire tombait un jeudi saint… pas mal comme date pour passer les 40 ans…) Dom Dominique qui présidait a dit un petit mot de remerciement pour ma présence ici et « rebelote » toute l’assemblée a chanté « parabens a voce ».

Et ce n’est pas fini. Profitant de la présence de mes parents qui sont arrivés le jour de Pâques, nous avons organisé une nouvelle fête d’anniversaire le lundi de Pâques cette fois-ci avec les prêtres et religieuses du diocèse. J’ai été très touché de voir que certains ont fait deux heures de route pour nous rejoindre, rien que pour le déjeuner. Les desserts préparés par maman ont été très appréciés ! Le discours de papa disant que je voulais, il y a 40 ans, rester dans le ventre de ma maman (je suis né avec 10 jours de retard) et qu’aujourd’hui ce serait plutôt maman qui a du mal à me laisser « partir »… à fait beaucoup sourire ! Encore un bon moment passé avec cette nouvelle famille brésilienne.

Déjà 40 ans... 

Posté par mission_bresil à 20:59 - Permalien [#]



Fin »