Mission Père Max au Brésil

14 avril 2014

Projets Bernadette et emmaus

Le projet Berandette a pour mission d'accueillir tous les samedis matin des jeunes filles prostituées du quartier le plus pauvre de la ville. Il y a là une trentaine de gamines entre 12 et 18 ans. Chaque matinée commence par la prière suivie d'un topo puis des ateliers couture, bricolage, informatique et cuisine. Le tout se termine par le repas. Ce matin, je suis de service... J'essaye de leur parler du pardon. Ca a été galère ! Elles ne sont pas du tout concentrées, sans arrêt avec leur téléphone portable, se parlant les unes les autres. On ne sait pas très bien comment capter l'attention ou faire preuve d'autorité. L'atelier cuisine n'est pas tellement plus facile… Nous faisons des gâteaux au chocolat mais sans succès tellement elles ont du mal à persévérer dans l'effort. Je reste déjeuner avec elles mais suis assez content de retrouver ensuite ma maison pour la sieste. Pauvres gamines qui sont encore des enfants et qui ont déjà des attitudes (séduction, provocation...) de jeunes femmes.

 Le centre Emmaüs est un centre d’accueil et d’accompagnement des enfants et ados du quartier pauvre où il est implanté, genre patronage. Il accueille jusqu'à 120 enfants et ados par emaine sur différents horaires pour activités culturelles, sports, soutien scolaire, caté et... repas ! Ce soir ils y a une trentaine d’enfant  pour faire le chemin de croix avec moi. Nous marchons dans le jardin du Centre durant 1 heure et demi en restant à genoux à chaque station. Entre les pierres et les fourmis rouges… un vrai chemin de croix ! Et un bon moment avec ces enfants attachants. Samedi matin, j'y retourne cette fois pour rencontrer les ados (cf photos). Il y en a une vingtaine. Pendant une heure je fais du KT gestué sur la semaine sainte avec lavement des pieds et ligottage du diable à la résurrection du Christ. Je suis étonné que ça passe si bien et qu'ils soient autant attentifs. C'est plus facile qu'avec les filles de Bernadette.

Que de choses dans cette petite ville ! 

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01 avril 2014

Carême à Conceiçao

Difficile de vivre le carême dans cette ambiance chaude et ensoleillé du Brésil. Difficile de jeûner, difficile de poser des efforts particuliers. Cela dit les brésiliens sont bien impliqués dans le carême. Cela se voit aux messes plus remplies que d’habitude, aux expressions de piété populaires comme le chemin de croix bien suivi et à la campagne de fraternité (commune à tout le Brésil) sur le thème des esclavages modernes que toutes les communautés approfondissent. Cela s’entend aussi en confession  où beaucoup d’hommes témoignent que leur effort consiste à ne pas boire pendant le carême (dommage que le carême ne dure que 40 jours…). 3 évènements particuliers de ce carême à vous partager :

Les chemins de croix.

Tous les vendredis soirs, nous cheminons à travers les rues de la ville, d’une communauté jusqu’à la cathédrale. Entre 1 heure et 1 heure de demi de chemin. C’est un beau moment regroupant une cinquantaine de personnes. Chaque station a lieu devant la maison d’une famille de la communauté qui a installé dehors un petit oratoire (autel, bougies, statues…). Quelqu’un porte la croix, les servants d’autel ouvrent la marche, nous chantons et prions. La messe à la cathédrale qui suit est toujours bien remplie. 

La retraite des prêtres.

Elle a lieu dans la chacara de Redençao et regroupe tous les prêtres du diocèse. Cette année c’est un évêque italien du Brésil qui prêche sur la 2ème lettre aux corinthiens. Intéressant. Un évêque très gentil et attentionné. J’ai profité de sa présence pour faire un petit point spi. Bon. Retraite classique avec temps d'enseignement, temps de prières seul et de prière communautaire, petite balade.... Mes confrères brésiliens ont du mal à garder le silence. Trois évènements particuliers marquent la retraite. Les confessions réciproques : célébration pénitentielle entre nous => chacun confessant un autre et réciproquement. Je prends l'option de me confesser avec l'évêque italien : confession en sens unique... Les confessions dans la ville (le soir même) : nous étions répartis chacun dans une communauté pour confesser ce qui le souhaitent. Je me retrouve à confesser à la chapelle Saint Raymond. Il y a pas mal de monde et surtout un certain nombre d'ados. Confessions intéressantes mais fatigantes :  trois heures non-stop! La messe Chrismale : l'évêque profite en effet que tous les prêtres soient réunies, vu les grande distance qui nous séparent, pour célébrer la messe Chrismale pendant la retraite. Il y a pas mal de monde même si c’est surtout les paroissiens locaux. Les autres ne se déplacent pas tellement. Pour le reste c’est bien le même rituel que chez nous. J’ai renouvelé, en portugais, mon engagement « quero ». 

Le camp des jeunes de la Rénovaçao carismatica

Je file pour la chacara, ce samedi, où a lieu le « Acampe de jovens » de la renovaçao carismatica. Je suis très impressionné. Ils ont décoré toute la chacara qu’on ne reconnaît pas. Il y a 25 jeunes adultes (beaucoup de filles) invités personnellement qui sont présents et près de 50 personnes (beaucoup de jeunes) qui sont à leur service. Je fais mon topo sur le pardon sans papier en mélangeant mon topo original et les idées de Dom Armando. Je suis impressionné, 6 mois après mon arrivée, d’être capable de parler ainsi près d’une heure en portugais sans papier. Merci Seigneur ! Je reste diner avec eux. C’est un vrai banquet qu’ils ont dressés : bon et beau. Commence ensuite la soirée de confession. Dom Dominique et Dom Armando m’ont rejoint. Heureusement car nous confesserons jusqu’à minuit ! De belles confessions mais des jeunes en souffrance (beaucoup autour de l’affectivité et de temps en temps une pépite : un jeune dont le soucis principal – qui semble bien réel – est la fidélité dans la prière et ne pas savoir comment parler à Dieu). Ce qui est beau c’est que les organisateurs aussi en profitent. Je retrouve ces jeunes le lendemain pour la messe à 11h00 à la chacara. Ils en sont dans les témoignages de fin de session => la messe commencera que a 12h30 ! J’en profite pour confesser ceux qui ne s’étaient pas encore pliés à l’exercice. Ce sont les plus impressionnantes (le meilleur pour la fin ?). Belle messe où le courant passe bien avec cette jeunesse. C’est quand même merveilleux de célébrer une messe avec 50 jeunes adultes de 20 à 30 ans. C’est un truc que je n’ai encore jamais vécu en France !

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17 mars 2014

Mission continentale

La mission continentale est une dynamique initiée par les évêques que l’Amérique du Sud voilà quelques années, à l'occasion de la conférence de Aparecida, pour lancer la nouvelle évangélisation du continent latino-américain dont il faut bien reconnaître, au cours des 50 dernières années, qu'il a vu nombre de catholiques quitter l'Eglise pour les églises évangéliques. Je suis témoin à Conceiçao du nombre impressionnant d'églises évangéliques. Chaque diocèse vit cette dynamique comme il l’entend. Notre évêque est très impliqué dans cette démarche de mission continentale. De fait, nous sommes vraiment sur une terre de mission. Il y a des initiatives diocésaines comme le Patio do Pai (rencontre genre alpha) le congrès des éducateurs, les projet Bernadette (pour les mineures prostituées) le projet Sonho de Mae pour les JF enceintes et la construction de la Fazenda da Esperança pour les jeunes dépendant de la drogue ou de l'alcool. Chaque paroisse participe aussi de cette dynamique selon ses moyens. Sur la paroisse, le COMIPA (Conseil pour la Mission Paroissiale) s’est fixé l’objectif de visiter deux quartiers de la ville (2500 personnes) en allant à la rencontre de chaque famille (porte à porte) pour leur témoigner de notre foi. Cette visite aura lieu au mois de mai durant 4 we consécutifs. De nouveau, l’opération se répétera en novembre mais cette fois-ci dans une région « do interior » (c’est à dire la partie « campagne » de la paroisse où il y a bien moins de gens mais beaucoup de petites communautés catholiques). Dimanche dernier començait le mois de formation pour les missionnaires (laïcs volontaires de la paroisse) qui participeront à cette mission. Ce temps de formation commence par une « semaine pour Dieu » (concept bien connu des paroissiens de Sartrouville), c’est à dire une semaine de retraite tout en continuant ses activités. Il se prolongera par une journée de formation sur le kerygme de la foi puis deux soirées de formation pédagogiques sur comment réaliser concrètement ces visites. La première journée de retraite a été merveilleuse. Il y avait 4 inscrits à 3 jours de la rencontre... et près de 80 le jour J ! Un beau temps de prédication pour moi et d'accompagnement spirituel. Un beau temps de silence et de communion pour mes paroissiens. L'expérience en la matière acquise les années précedentes à Sartrouville a été d'un grand secours... Plus facile de traduire ses topos en portugais que des les créer à partir de rien. Suite des nouvelles de la mission continentale dans le prochain message. Que Dieu vous bénisse. Bon carême. 

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24 février 2014

Un we bien chargé...

Il y a des week-end plus chargés que d'autre. Le dernier fait partie du haut de la liste... Vendredi soir, pour la première fois et sur ma demande (cela ne semble pas être une institution ici) se réunit le conseil économique. Il est constitué de 8 personnes (banquier, notaire, entrepreneur, maçon...). Nous faisons ensemble le tour des questions économiques de la paroisse. Grâce à Dieu (et au Dizimo...) la paroisse se porte bien sur cette question ce qui permet d'envisager des investissements ! Il y a du travail surtout avec la restauration de la chacara et la sonorisation de la cathédrale. 

Samedi matin commençait l'assemblée paroissiale qui regroupe près de 100 personnes: coordinateurs de mouvements, de pastorales et des communautés de la ville comme de la campagne. Les gens de la campagne sont les plus nombreux; ils viennent en famille ce qui fait une assemblée animée. Après le café et la prière nous attaquons notre premier thème: les sacrements (comment préparer les sacrements, selon quels critères peut on évaluer qu'une personne est prête, comment discerner). Je sens qu'ils sont un peu décontennancés par ces questions... Mais il y  a quelques contributions intéressantes. P Paulo fait une belle synthèse. Après le déjeuner et un bon temps de sieste, nous attaquons la présentation de la campagne de fraternité. Chaque année l'église du Brésil propose un thème de réflexion et d'engagement pour le carême. Ce thème est suivi avec beaucoup de sérieux par tous. Cette année, en lien avec le pape, la question des esclavages modernes est notre thème. "C'est pour que nous soyons libres que le Christ nous a libéré". En fin de journée nous organisons une célébration péntinentielle. Peu se confessent mais pour ceux qui passent le pas, ça valait le coup! Je ne reste pas dîner car il y a une messe à 19h00 à San Pedro. J'y vais avec Pierre Marie (j'ai oublié de vous raconter que nous avons accueilli cette semaine un séminariste parisien qui restera en stage sur la paroisse jusqu'à août prochain. C'est une bénédiction d'autant plus qu'il parle bien portugais). La communauté de San Pedro (au bord du fleuve, dans le quartier des pécheurs, bien sûr...) est pauvre et fragile mais attachante. Nous ne retournons pas à la chacara mais dans la "grande salle de spectacle" de la ville où avait lieu le Cristoval, sorte de "contre carnaval" organisé par la "rénovaçao carismatica". Impressionnant: Quelques 500 jeunes tous avec le même maillot (pour entrer il faut acheter un maillot à 15 réais = 5 euros) et sur l'estrade les groupes de musique de la paroisse se relaient pour l'animation. Au centre, une grande croix qui clignotte. Je reste un peu, le temps de saluer les jeunes que je connais (et ceux que je connais pas) et de bénir la foule. 

L'assemblée reprend ce dimanche matin avec à l'ordre du jour les avis des uns et des autres (c'est dur de garder le rythme car dès qu'un brésilien à la parole.. il aime la garder) puis la présentation du projet de mission continentale sur la paroisse. Nous terminons notre assemblée par la messe, un beau moment, bien participatif. Après les déjeuner, les uns et les autres reprennent motos, minibus et voitures pour repartir chacun de son côté non sans avoir fait des projets ensembles. J'ai la joie d'entendre un joli compliment: "Nao sei se vôce esta acostumado com o povo mas o povo é jà acostumado com vôce" (je ne sais pas si vous êtes acoutumé à nous mais nous le sommes avec vous...) Le temps de la sieste est le bienvenu avant d'attaquer les deux messes de la soirée. La première est dans la communauté "divino esperito santo", jolie petite communauté bien vivante avec un coordinateur bien impliqué dans la paroisse. La seconde est à la cathédrale. Il fait chaud et il n'y a pas de lumière dans la nef (sans que je sache à l'heure où je vous écris pourquoi). L'homélie que je voulais participatif (j'aime descendre dans la nef quand je connais mon texte par coeur) est plus difficile. Après la messe, je propose aux jeunes qui sont là de rester pour commencer un parcours de discernement vocationel. Ils sont une trentaine à rester m'écouter introduire le thème puis prendre un goûter. 30 c'est génial ! Même si la responsable de la pastorale vocationelle me dit que c'est peu ! Il y a bien des paroisses en France où ce nombre serait bien apprécié. Une pizza et au lit. Ouf...

 

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08 février 2014

journée ordinaire

Oraison et laudes entre 7h00 et 8h00. Ce matin, Cristiani est arrivée avec le pain frais ; pas besoin de prendre mon vélo pour aller à la boulangerie. Nous prenons le petit dej sur la terrasse. Il fait beau. J’apprécie la confiture de mangue que j’ai faite et le thé « Russian earl grey » reçu cette semaine par la poste. Je rencontre deux coordinateurs, dans mon bureau, afin de caler les horaires des messes dominicales dans leurs communautés. Aucun ne veut changer… Normal ! Je discute longuement avec l’un des deux qui est maçon et me pousse à engager de grands travaux de réhabilitation de la « Chacara dos Padres », notre centre pastoral. J’avais prévu de travailler tranquillement tout seul quand j’ai vu débarquer une Jeune Femme demandant un accompagnement spirituel… Je l’ai écouté. Bon, elle est dépressive. C’est chaud ! C’est les accompagnements les plus difficiles. On verra bien ce que ça donne. Je me rends compte que si je reste dans mon bureau, il y a sans cesse quelqu’un pour me demander quelque chose. Je retourne donc sur ma terrasse pour commencer mon homélie de dimanche… Sans succès ! Je ne vais pas arrêter : étudiants qui veulent préparer la rentrée avec moi, Jeune Femme voulant une messe pour les 80 ans de sa grand-mère et un couple venu se confesser : ¾ d’heure avec chacun ! Résultat, je suis un peu fatigué pour converser avec Graças une paroissienne bien engagée dans la paroisse et que j’ai invité pour le déjeuner. Après la sieste, je me mets enfin à mon homélie, réponds à mes mails puis contact skype avec ma filleule Marine. On fait des projets… J’ai un peu de temps pour arroser mes rosiers avant de sortir pour ma balade du soir au bord du fleuve. Après la messe, je rejoins une église évangélique où a lieu la cérémonie de remise des diplômes des étudiants de l’université, option « éducation physique ». C’est une cérémonie œcuménique parce qu’il y a évangéliques et cathos parmi les étudiants concernés. La cérémonie est donc partagée à part égale entre pasteur et prêtre. J’avais préparé mon homélie pour ne pas me tromper. J’avoue que j’étais un peu tendu mais j’ai été très bien accueilli par le pasteur et ça s’est bien passé. C’est marrant. On fond de l’église, il y a une tribune avec un pupitre et derrière la batterie et tous les instruments de musique… et c’est tout ! pas de signe religieux ! Bon. Je dîne en rentrant de foie gras envoyé par maman !

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18 janvier 2014

1er pas de curé

Depuis mon retour de vacances, début janvier, je suis plus ou moins seul, découvrant le métier de curé. Padre Paulo est encore en vacances, Padré Otavio est maintenant parti dans sa nouvelle paroisse et l'évêque est par monts et par vaux. En fait, je ne suis pas vraiment seul car il y a la cuisinière et la secrétaire et tous ces gens qui ont l'habitude de passer au presbytère tous les jours... Ces derniers 15 jours c'était "leçons de cuisine française": filet mignon carottes - pruneaux / roti de boeuf / moussaka / confit de poivrons / ratatouille... Finalement on peut faire pas mal de choses (et Cristiani a l'air d'aimer... elle devrait pouvoir refaire...). Ici tout ce qui est français est "chique" (chic + "i"). Par exemple, lors de l'offertoire, comme la communauté chante systématiquement, je prononce les prières d'offertoire en français... C'est "chique" trouvent les servants d'autel ! Justement nous venons de vivre une journée de formation avec les servants d'autel. Ils étaient presque 30, dont pas mal de nouveaux. Ils étaient contents et moi aussi... sauf que ce sont bien les mêmes ados que chez nous: il faut faire la police, confisquer les portables et se fâcher si ils obéissent pas ! En aurais-je un jour fini avec l'éducation des ados ?

La vie de curé n'est pas encore trop compliquée mais je commence à découvrir  les fragilités de la paroisse même si je dois reconnaître que la paroisse est en bon état. Du point de vue financier les comptes sont équilibrés et on vit bien. Par exemple j'ai pu faire bosser un jeune de la paroisse pendant une semaine afin de faire le jardin et de planter les rosiers et bougainvilliers que j'avais acheté. Il a fallu pour cela, enlever la terre rouge du jardin (impropre aux plantes) pour y installer de la terre noire... Je vous donnerai des nouvelles de mes fleurs dans les prochaines éditions !

Tous les soirs la messe et tous les dimanches 4 messes. C'est le lot de celui qui est seul. Je suis maintenant suffisament à l'aise pour ne plus préparer mes homélies de semaine. Et j'ai le sentiment que les gens me comprennent maintenant pas si mal que ça. Je connais enfin toutes les 15 communautés de la ville dans lesquels j'ai célébré la messe... Il ne reste plus que les 60 de la campagne alentours... Je sors demain célébrer la St Sebastien dans une de ces communautés. Pour les autres... je me donne l'année 2014. 

J'ai presque rencontré tous les coordinateurs des mouvements et pastorales de la paroisse. Je me fais inviter à manger chez eux où les invite moi même... Vous connaissez mon côté convivial ! Reste à rencontrer les conseils de toutes les communautés de la ville (sous la même modalité). Ca commence. 

Etre curé implique rester sur place ! Pas de sortie ce mois-ci sauf pour l'école d'évangélisation des jeunes du diocèse: 3 jours de formation intensive à l'évangélisation pour 80 jeunes du diocèse dont 15 de ma paroisse. Impresssionnant. L'avantage de rester sur place c'est que cela laisse du temps pour travailler. Les 15 derniers jours ont été utilisé pour préparer la semaine de formation qui commence mardi prochain. Si les topos que je veux faire sont déjà plus ou moins prêts (reste de mes premières années de pretrise...) la traduction des ces topos me demande beaucoup de travail ! Ca fait partie du jeu.

Bonne année à tous ceux qui n'auraient pas reçu mes voeux.

 

 

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04 janvier 2014

1ères vacances... dans la chapada das mesas

Il nous faudra une bonne partie de la première journée pour atteindre Carolina, Matthieu, Roch et moi avec le 4x4 de la paroisse, dans le Sud du Maranhã (à vous de trouver sur internet). Nous avons la surprise en arrivant de découvrir qu’il n’y a pas de pont et que nous devons prendre le bac pour traverser le Tocantins. Nous nous installons dans un hôtel avec piscine indiqué dans le guide touristique de Matthieu. 

Nous nous levons tôt de façon à pouvoir partir en expédition dès 8h30. Un JH de l’agence de voyage nous accompagne pour nous servir de guide. Il y a en fait un certain nombre de cascades dans cette chaine de montagne de la « Chapada das Mesas » qui sont ouvertes au publique mais pour la plupart elles sont loin de la route goudronnée et très mal indiquées de façon à ce que l’on utilise les 4x4 des agences touristiques ou, au moins, leurs guides ! Bon, c’est tellement beau que c’est sans regret. Notre première étape, après 2 heures de route, est un ensemble de 2 cascades aménagées (avec chemin en plancher et pont suspendu). La 1ère cascade est impressionnante par sa hauteur. La deuxième, plus petite, a créé une « posso azul » une poche d’eau turquoise presque transparente et profonde où l’on peut nager et plonger depuis les rochers ce que nous faisons allégrement ! Nous allons ensuite dans le deuxième lieu encore plus reculé. Ce n’est pas une cascade mais une gorge qui s’achève par un bassin d’eau turquoise vraiment transparente. C’est une source souterraine qui alimente ce bassin. Nous n’y nageons pas longtemps car il y a pas mal de touristes (brésiliens) ce qui nous empêche de profiter vraiment du lieu. Nous revenons sur la première cascade pour déjeuner (ça a beau être perdu au milieu de nul part… il y a un resto !). Puis reprenons la route pour nous arrêter cette fois-ci dans la base de loisirs au bord de la route où il y a deux grosses cascades aménagées pour la baignade et un bar les pieds dans l’eau. Nous restons un moment à bouquiner, jouer aux cartes, se baigner… Je concélèbre l'ultime messe de l'année 2013 avec le P Cicéron, curé de Carolina. Nous dînons dans un « bon restaurant » pour le réveillon puis veillons jusqu’à minuit en jouant aux cartes. BONNE ANNEE 2014.

Un peu dur de se lever tôt mais ça vaut le coup. Nous passons prendre le P Cicéron qui nous a proposé de nous accompagner et avec lui, nous nous engageons dans le parc national. La route est belle et la piste en sable (pas désagréable). Nous allons saluer la famille qui possède la cascade et que connaît bien le Père puis nous y allons. En apparence elle n’a rien d’extraordinaire car nous la voyons de dessus mais en descendant on la découvre et c’est nettement plus impressionnant tant le débit est fort. Elle n’est pas très haute mais très large : ça chute de partout dans un bruit impressionnant. Ca me fait penser au film Mission. Nous nous baignons en aval de la cascade avec une petite appréhension pour le courant car la cascade n’est pas loin. Nous déjeunons sur place. En rentrant nous nous arrêtons à la « chacara dos Padres » du diocèse. C’est une maison plus petite que notre chacara mais elle a un grand mérite : elle a une piscine. Nous y traînons deux bonnes heures à nous baigner, discuter, lire, jouer aux cartes. Nous finissons par rentrer car il y a la messe de Marie, Mère de Dieu. Je préside et prêche. 

Nous trainons un peu ce matin : petit dej, piscine puis passons déposer nos bagages au presbytère de façon à être tranquille pour la journée. Nous allons visiter notre dernière cascade dans l’endroit le plus touristique (il faut payer pour tout) mais ça valait le coup. Il y a un itinéraire à pied qui nous emmène dans une gorge (genre indiana Jones) où nous sommes obligés d’avancer avec de l’eau jusqu’au cou pour atteindre la cascade qui tombe dans une sorte de cylindre que l’on atteint en nageant. Nous sommes alors dans un bassin avec la cascade (impressionnante) qui nous tombe sur la tête ; en fait le débit est tel qu’on n’arrive pas à nager jusqu’à la cascade… Très beau ! Nous restons la journée à cet endroit où est aménagé une piscine naturelle : baignade, cartes, lectures et bronzing (pour Matthieu). Matthieu et Roch repartent en autobus jusqu'à l'aéroport. Pour ma part, je dors au presbytère et rentre le lendemain sur conceiçao.

Un bon moment. Le Brésil est beau !

 

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26 décembre 2013

Noël à Conceiçao

Je passe ma journée du 24 au volant... Mon filleul, Matthieu, arrive à l'aéroport de Palmas. Je vais le chercher. 4 heures de routes pour attreindre la capitale du Tocantins et autant pour revenir... C'est beau la solidarité familiale ! J'en profite pour faire des courses dans un supermarché de cette grande ville qui compte plus d'un million d'habitants et qui n'existait pas il y a 30 ans... ca fait partie des côté étonnant du Brésil. J'ai trouvé du chaocolat! Alléluia. La route est longue et fatigante avec des trous… Il pleut beaucoup. Nous arrivons à 19h00 à Conceiçao… le temps de prendre une douche et direction la chapelle NS Aparecida (future deuxième paroisse de la ville… un jour !). Elle est bien remplie (mais pas très grande). La messe de Noël commence à 20h00. Je fais venir les enfants devant la crèche pour l’homélie qui consistera en une méditation sur les personnages de la crèche. Ca marche pas mal. A la fin de la messe, je propose aux petits de se faire bénir par la statue du menino Jésus… il n’y aura pas que les enfants à en profiter. Nous sommes invités à un réveillon par une famille de la paroisse. C’est joli, bon mais je suis affligé de voir que la seule activité des brésiliens… est de boire de la bière ! C’est triste. Heureusement nous finirons par faire un bingo. Couché 1h30… bien fatigué 

25 décembre. Nouveau Noël sous les tropiques. Après l’Afrique, je retrouve ces sensations si particulières des Noëls en pays chaud. Enfin pas tout à fait car si Noël était très attendu en Afrique et faisait l’objet d’une nuit de spectacle et d'une messe de minuit… ici Noël semble passer presque inaperçu. Probablement à cause de la grande fête paroissiale d’il y a 15 jours à peine. Et puis beaucoup de gens sont partis en vacances ou passent leurs vacances dans leur chacara (ferme). Festin de Noël français (nous ne sommes que 3: Matthieu, mon filleul, Roch un étudiant français de passage et moi). Au  Bolognaise + milk-shake banane ! Et bien ce n’était pas si mauvais que ça… Je fais un petit bout de sieste puis sors en vélo jusqu’à la maison des sœurs. Il fait chaud et lourd. Avec Irma Odette nous allons visiter les prisonniers. Il n’y a pas vraiment de prison mais seulement un commissariat de police avec garde à vue en attendant jugement. Il y a quand même une petite trentaine de prisonniers dont certains attendent depuis plus d’un an leur jugement. Avec Sœur Odette, nous faisons une petite catéchèse sur Noël. Je suis impressionné de voir qu’ils ont quasiment tous une bible (grosse influence évangélique même en prison) et qu’ils aiment citer la Bible et même chanter. La sœur a apporté une statue du Menino Jésus pour ceux qui voudraient prier avec… Là aussi, on retrouve l’influence évangélique qui refuse toute image. Dommage. Nous avons aussi apporté un goûter et des cadeaux (brosse à dent, dentifrice et savon). Je reste un peu à parler avec eux. Un beau moment que j’ai été heureux de vivre en ce jour de Noël. De retour à la maison je prépare une mousse au chocolat pour le réveillon de ce soir. Après une petite promenade le long du fleuve, nous retrouvons la communauté pour la messe de Noël. Il y a pas mal de monde. La messe est belle. C’est amusant car on retrouve les mêmes airs que chez nous (douce nuit, gloooooria, adestes fideles…). Dom Dominique propose à ceux qui ne peuvent communier de vénérer l’enfant Jésus. Après la messe, nous avions invité Dom Dominique et Suraya pour un dîner français grâce au champagne et foie gras envoyé par Noellie, une paroissienne de Sartrouville. Nous avions préparé aussi une ratatouille et une mousse au chocolat. Nous avons échangé des cadeaux. Ce fut un bon moment. On sent qu’il y a des liens qui commencent à se créer. Ca fait plaisir.

 Joyeux Noêl à chacun

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09 décembre 2013

Conceiçao... L'Immaculée suite et fin

Aujourd’hui, samedi 7 décembre, c’est la « journée de confraternisation ». Tous les prêtres et religieuses (ou quasi) du diocèse se retrouvent pour une journée de détente ensembles. P Otavio a trouvé un lieu enchanteur sur les bords du fleuve avec une piscine (ça ressemble à un club med). Ca appartient à des paroissiens de Redençao qui le mettent à notre disposition. Nous y restons un bon moment profitant de la piscine, du lieu, du bon repas préparé par les paroissiens. J’apprends aux sœurs et aux séminaristes le jeu de l’ambassadeur. Ca leur plait beaucoup. Les 4 séminaristes du diocèse nous ont rejoint. Ils sont bien sympas… mais pas bien nombreux ! 

C’est aujourd’hui, 8 décembre, la fête paroissiale, NS Imaculada Conceiçao que nous préparons depuis 10 jours. C’est aussi la fête diocésaine où traditionnellement l’évêque annonce les nominations. Je suis nommé vicaire à la cathédrale ; l’évêque restant le curé. Ce n’est pas une surprise. Le changement consiste dans le fait que Otavio soit nommé ailleurs… et que nous ne restions plus que 2 prêtres sur la cathédrale. Il y a un brouhaha à l’annonce du départ de Otavio. Il ne sera resté qu’un an sur la paroisse mais beaucoup de gens l’apprécient… Et puis c’est le premier curé qui soit non pas un étranger mais un prêtre du diocèse… Restent un français et un prêtre du sud du Brésil. La journée a commencé par le chapelet à 7h00 suivi de la messe. Heureusement que l’on commence tôt car la chaleur monte vite. La messe est bien animée par une chorale montée pour l’occasion. La cathédrale est à nouveau pleine. J’ai sorti mon clergyman noir et le costume qui va avec. C’est impressionnant… mais chaud !

A lieu à 12h00 le churaco (barbecue géant). La paroisse sert jusqu’à 500 couverts. Il y a 70 kg de viande de bœuf. Une ambiance super... mais tellement de bruit… Je vais saluer tout le monde. Les gens engagés dans la paroisse sont un peu circonspects. Ils sont tristes du départ d’Otavio et comprennent pas trop si je suis curé (puisque j’ai été nommé vicaire ; Dom Dominique restant curé en titre). Je rencontre l’ancien préfet, le trésorier de la fête, la responsable de l’enfance missionnaire… pas facile d’écouter tout ce monde dans le bruit.

Après la sieste, je suis emmené à NS Aparécida, la grande chapelle du nord de la ville. Commence alors 2h30 de procession à pied dans la ville (7kms). La procession est ouverte par les motards puis par les séminaristes et enfants de chœurs (le P Otavio s’est mis en soutane surplis) suivi de Dom Dominique aussi en soutane debout sur la 4x4 et enfin le peuple qui suit en portant la Statue de NS accompagné par le traditionnel camion sono pour l’animation. N’ayant pas d’aube, je reste dans la procession avec le peuple (notion pas du tout négative ici mais bien plus affective). Bien m’en a pris car je passe mon pélé à aller saluer tous les gens qui nous regardent passer sur le pas de la porte, bénissant les enfants, encourageant les gens, saluer les uns et les autres. Les gens sont super touchés. Aurélie (la coopérante Fidesco se moque de moi… disant que je fais de la politique). Mais moi je fais ça tout naturellement et avec beaucoup de joie. Je suis étonné en deux mois de voir combien je me suis « décoincé »… La procession se termine aux flambeaux sur la place de la cathédrale par la messe en plein air. La procession a drainé peu à peu de plus en plus de monde au point que lors de la messe, nous étions prêts de 2000. Impressionnant. Une messe un peu compliqué comme dans tous les grands pélérinages mais une messe émouvante devant ce peuple de Conceiçao rassemblé pour la fête de leur Patronne. La messe se termine par un spectacle avec des dizaines d’enfants déguisés en anges. La pluie nous surprend à la fin comme une pluie de grâce. Un moment merveilleux. Je vous invite à voir les photos qui accompagnent ce récit. Et maintenant repos !

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Conceiçao... L'Immaculée suite et fin

Aujourd’hui, samedi 7 décembre, c’est la « journée de confraternisation ». Tous les prêtres et religieuses (ou quasi) du diocèse se retrouvent pour une journée de détente ensembles. P Otavio a trouvé un lieu enchanteur sur les bords du fleuve avec une piscine (ça ressemble à un club med). Ca appartient à des paroissiens de Redençao qui le mettent à notre disposition. Nous y restons un bon moment profitant de la piscine, du lieu, du bon repas préparé par les paroissiens. J’apprends aux sœurs et aux séminaristes le jeu de l’ambassadeur. Ca leur plait beaucoup. Les 4 séminaristes du diocèse nous ont rejoint. Ils sont bien sympas… mais pas bien nombreux ! 

C’est aujourd’hui, 8 décembre, la fête paroissiale, NS Imaculada Conceiçao que nous préparons depuis 10 jours. C’est aussi la fête diocésaine où traditionnellement l’évêque annonce les nominations. Je suis nommé vicaire à la cathédrale ; l’évêque restant le curé. Ce n’est pas une surprise. Le changement consiste dans le fait que Otavio soit nommé ailleurs… et que nous ne restions plus que 2 prêtres sur la cathédrale. Il y a un brouhaha à l’annonce du départ de Otavio. Il ne sera resté qu’un an sur la paroisse mais beaucoup de gens l’apprécient… Et puis c’est le premier curé qui soit non pas un étranger mais un prêtre du diocèse… Restent un français et un prêtre du sud du Brésil. La journée a commencé par le chapelet à 7h00 suivi de la messe. Heureusement que l’on commence tôt car la chaleur monte vite. La messe est bien animée par une chorale montée pour l’occasion. La cathédrale est à nouveau pleine. J’ai sorti mon clergyman noir et le costume qui va avec. C’est impressionnant… mais chaud !

A lieu à 12h00 le churaco (barbecue géant). La paroisse sert jusqu’à 500 couverts. Il y a 70 kg de viande de bœuf. Une ambiance super... mais tellement de bruit… Je vais saluer tout le monde. Les gens engagés dans la paroisse sont un peu circonspects. Ils sont tristes du départ d’Otavio et comprennent pas trop si je suis curé (puisque j’ai été nommé vicaire ; Dom Dominique restant curé en titre). Je rencontre l’ancien préfet, le trésorier de la fête, la responsable de l’enfance missionnaire… pas facile d’écouter tout ce monde dans le bruit.

Après la sieste, je suis emmené à NS Aparécida, la grande chapelle du nord de la ville. Commence alors 2h30 de procession à pied dans la ville (7kms). La procession est ouverte par les motards puis par les séminaristes et enfants de chœurs (le P Otavio s’est mis en soutane surplis) suivi de Dom Dominique aussi en soutane debout sur la 4x4 et enfin le peuple qui suit en portant la Statue de NS accompagné par le traditionnel camion sono pour l’animation. N’ayant pas d’aube, je reste dans la procession avec le peuple (notion pas du tout négative ici mais bien plus affective). Bien m’en a pris car je passe mon pélé à aller saluer tous les gens qui nous regardent passer sur le pas de la porte, bénissant les enfants, encourageant les gens, saluer les uns et les autres. Les gens sont super touchés. Aurélie (la coopérante Fidesco se moque de moi… disant que je fais de la politique). Mais moi je fais ça tout naturellement et avec beaucoup de joie. Je suis étonné en deux mois de voir combien je me suis « décoincé »… La procession se termine aux flambeaux sur la place de la cathédrale par la messe en plein air. La procession a drainé peu à peu de plus en plus de monde au point que lors de la messe, nous étions prêts de 2000. Impressionnant. Une messe un peu compliqué comme dans tous les grands pélérinages mais une messe émouvante devant ce peuple de Conceiçao rassemblé pour la fête de leur Patronne. La messe se termine par un spectacle avec des dizaines d’enfants déguisés en anges. La pluie nous surprend à la fin comme une pluie de grâce. Un moment merveilleux. Je vous invite à voir les photos qui accompagnent ce récit. Et maintenant repos !

Posté par mission_bresil à 08:57 - Permalien [#]



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